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AFP/Joel Saget
La campagne et toutes les activités politiques sont maintenant terminées en France. Le deuxième tour de l'élection présidentielle, lors duquel les Français devront décider qui, de Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, sera leur prochain président, a lieu dimanche.
Les Français vivant à l'ouest du continent européen sont appelés à voter, 24 heures avant leurs compatriotes de l'Hexagone, entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle.
Les électeurs de la diaspora française sur le continent américain, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Saint-Pierre et Miquelon et en Polynésie française sont toutefois invités à voter dès samedi. Les résultats dans ces régions du monde ne seront publiés que dimanche.
Au Canada, des bureaux de vote sont ouverts à Moncton, à Halifax, à Québec, à Montréal, à Ottawa, à Toronto, à Calgary et à Vancouver.
Quelque 46 000 Français sont officiellement inscrits sur la liste électorale au pays. Au Québec, pas moins de 40 000 Français sont inscrits, dont 34 000 à Montréal seulement, un record pour une élection.
Les Français de Montréal avaient jusqu'à 20 h pour voter au Collège Stanislas.
Au premier tour de l'élection présidentielle, les Français du Canada avaient préféré Ségolène Royal, lui accordant 35 % des votes contre 32 % à Nicolas Sarkozy. Le Consulat général de France à Montréal avait enregistré un taux de participation record de 46 %.
Samedi matin, l'affluence aux bureaux de vote montréalais du Collège Stanislas semblait moins importante qu'il y a 15 jours. Mais dans l'après-midi, on estimait que la participation serait au moins égale, si ce n'est supérieure, à celle du premier tour.
La police était également présente sur les lieux, quelques jours après que les locaux montréalais du parti de M. Sarkozy (UMP) eurent été vandalisés. Aucun incident n'a été signalé.
Pour suivre en direct les résultats du deuxième tour, dimanche, à Montréal, les partisans de Nicolas Sarkozy seront au restaurant La Rambla (1278 avenue du Mont-Royal est), tandis que les supporters de Ségolène Royale seront à l'Union française (429 rue Viger est).
C'est la première fois que les citoyens français vivant à l'ouest des côtes françaises votent en avance. La Constitution a été amendée pour contrer les problèmes liés au décalage horaire. Ces citoyens français peuvent désormais voter avant de connaître les résultats en France.
Deux candidats, deux visions
Il reste donc aux 44,5 millions d'électeurs français, dont un million résident à l'extérieur de la France, à choisir entre le candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), Nicolas Sarkozy, et la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal.
Favori dans les sondages, M. Sarkozy prône la « rupture » avec le modèle français. Il promet notamment de favoriser les heures supplémentaires et d'alléger la fiscalité française.
Il veut lutter contre l'immigration clandestine, et développer le concept « d'immigration choisie ». Nicolas Sarkozy propose la création d'un ministère de l'Intégration et de l'Identité nationale.
Le candidat de l'UMP, dont le passage au ministère de l'Intérieur a été marqué par les violences dans les banlieues de l'automne 2005, s'engage à rétablir l'ordre et l'autorité en France. Il veut notamment que des mineurs multirécidivistes soient jugés comme des citoyens majeurs à partir de l'âge de 16 ans.
M. Sarkozy promet aussi de favoriser l'accès à l'emploi à l'aide d'une discrimination positive à l'américaine. En éducation, il souhaite que tous les jeunes reçoivent une formation donnant des compétences professionnelles.
Ségolène Royal promet plutôt une réforme « en douceur » de la France.
Elle vise une augmentation du salaire minimum à 1500 euros (2234 $CAN) par mois « le plus tôt possible ». Elle veut stabiliser la fiscalité et introduire un nouveau barème de l'impôt sur le revenu.
Sur le plan de l'immigration, Mme Royal veut une régularisation des clandestins « au cas par cas », selon la scolarisation des enfants et la situation d'emploi des adultes.
Dans les banlieues, où le problème du chômage est criant, elle promet un meilleur encadrement scolaire et une aide à la création d'entreprises. Elle souhaite aussi un retour de la police de proximité.