Ségolène pourfend « l'autre candidat »

Rassemblement de Ségolène Royal au stade Charléty, à Paris.   © AFP/Éric Feferberg

Devant une foule de quelque 40 000 partisans réunis dans le stade Charléty, à Paris, Ségolène Royal n'a pas ménagé Nicolas Sarkozy à la veille de leur face-à-face télévisé.

Lors d'un rassemblement monstre à Paris, la candidate socialiste se revendique de l'héritage de Mai 1968 pour dénoncer Nicolas Sarkozy qu'elle accuse de vouloir replonger le pays dans le même état de crise qui y avait présidé.

La candidate socialiste à la présidence, qui s'est bien gardée, sauf exception, de prononcer le nom de son « adversaire de droite », l'accuse de vouloir ramener la République à la crise de légitimité qui avait débouché sur Mai 1968.

D'ailleurs, contre le spectre de cette « France bloquée », la chef de file socialiste n'a pas manqué de se réclamer de l'héritage de Mai 1968.

« Aujourd'hui, je le sens [...], il y a dans la France [...] une même forme de colère qui gronde.[...] Il faut garder son calme, garder son sang-froid et réformer la France avant qu'elle ne se soulève », a déclaré Ségolène Royal dans ce même stade où, 39 ans plus tôt, la gauche avait tenu assemblée, le 27 mai 1968, en plein mouvement estudiantin et ouvrier.

Ségolène Royal a par ailleurs ridiculisé la prétention de Nicolas Sarkozy à se réclamer de l'héritage du général De Gaulle. En réponse à celui qu'elle accuse de vouloir dresser les Français les uns contre les autres, elle rappelle que le fondateur de la Ve république avait, lui, plaidé pour le dialogue et la redistribution de la richesse afin de préserver la paix sociale.

La candidate socialiste a souligné que cela passait d'abord et avant tout pour garantir aux travailleurs un emploi où ils sont payés à leur juste valeur.

La foule, qui a assisté à deux heures et demie de concert avant d'écouter pendant une heure la candidate en scandant régulièrement « On va gagner » ou « Ségolène présidente », était trop nombreuse pour être contenue dans le stade, et 20 000 personnes ont dû rester à l'extérieur.

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