Jean-Marie Le Pen, entouré de ses partisans
©
AFP/Stéphane De Sakutin
Le chef de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, appelle les 3,8 millions d'électeurs qui ont voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle à « s'abstenir massivement » lors du second tour, dimanche.
Le chef de l'extrême droite française invite ses 3,8 millions d'électeurs à n'appuyer ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal au second tour de scrutin. « Pour moi, c'est bonnet rose et rose bonnet », dit-il.
« Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix » du second tour, a-t-il lancé à plusieurs milliers de ses partisans rassemblés à la place de l'Opéra, à Paris.
Le leader du Front national invite ses militants à se « réserver » pour le premier tour des élections législatives, qui auront lieu en juin, pour prendre une « revanche légitime ».
Le chef de l'extrême droite renvoie dos à dos le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, et sa rivale de gauche, Ségolène Royal, « deux des représentants officiels des partis et des politiques qui, en 30 ans, ont amené la France au bord du gouffre politique, économique, social, culturel et moral ».
« Il serait illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du "hold-up" réalisé sur notre programme par Nicolas Sarkozy. Soutenue par l'extrême gauche révolutionnaire, on sait qu'elle veut entre autres régulariser les clandestins », a-t-il déclaré.
Faisant ensuite référence à Nicolas Sarkozy, le chef de l'extrême droite ajoute qu'il serait « aussi insensé d'apporter notre suffrage à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes ».
Une consigne anticipée
Jean Marie Le Pen
©
AFP/Martin Bureau
L'appel à l'abstention de M. Le Pen n'est guère surprenant. À l'exception de l'élection de 2002, où il est passé au second tour, le chef du Front national a toujours refusé d'appuyer un autre candidat.
Nicolas Sarkozy est vraisemblablement celui qui souffrirait le plus de cette abstention, si elle devait se concrétiser. Selon des sondages, il récolterait normalement 60 % des votes recueillis par M. Le Pen, contre 20 % pour Ségolène Royal.
Après avoir causé la stupeur en se faufilant au second tour de la présidentielle en 2002, M. Le Pen a récolté 10,44 % des suffrages cette fois-ci, ce qui lui a conféré la quatrième place, derrière le centriste François Bayrou.
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy continuent de leur côté de se préparer en prévision de leur très attendu affrontement télévisé de mercredi. Pour le moment, M. Sarkozy se maintient en tête des sondages en vue du second tour.