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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le dimanche 22 avril 2007 à 11 h 23
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Élection au Nigeria

Une première demande d'annulation

Des scrutatrices au travail à Kano, dans le nord du Nigeria, à l'occasion de l'élection présidentielle

Photo: AFP/Seyllou Diallo

Des scrutatrices au travail à Kano

Le principal groupe d'observateurs nigérian chargé de surveiller le déroulement de l'élection présidentielle qui s'est tenue au Nigeria, samedi, estime qu'il faudrait reprendre le scrutin.

Le président du Transition Monitoring Group (TMG), Innocent Chukwuma, a déclaré que le nombre alarmant d'irrégularités observées enlevait de la légitimité à l'élection. « Nous allons demander de refaire l'élection. On ne peut pas se fonder sur les résultats dans la moitié du pays pour annoncer qui est le nouveau président », a-t-il dit.

La Commission électorale nationale du Nigeria n'a pas commenté cette sortie publique du TMG. Samedi, son président avait plutôt parlé d'un scrutin réussi dans l'ensemble, demandant aux observateurs internationaux de tenir compte du contexte dans lequel il s'était déroulé.

L'un des partis d'opposition, l'Action Congress, a estimé que la Commission avait fait preuve d'incompétence et manquait de volonté politique. Son candidat, le vice-président Atiku Abubakar, a demandé l'annulation à la fois de l'élection présidentielle et des élections régionales du 14 avril.

Après avoir émis de sévères critiques sur le déroulement des élections régionales, l'Union européenne, qui a envoyé 150 observateurs au Nigeria, donnera lundi son avis sur la présidentielle.

L'ancien premier ministre du Canada, Joe Clark, qui agissait aussi comme observateur, a déclaré au Réseau de l'information (RDI) qu'il attendait des données plus concrètes avant de se prononcer. M. Clark a confirmé que des irrégularités ont été observées et que le taux de participation a été plus bas que lors des scrutins précédents.

Il a mentionné que plusieurs électeurs, surtout des femmes, ont pu être découragés par les événements violents survenus lors des élections régionales de la semaine dernière.

« Il est trop tôt pour parler d'annulation », a-t-il ajouté cependant. Les observateurs du National Democratic Institute, au sein duquel travaille Joe Clark, devaient faire leur rapport un peu plus tard dimanche. L'ancienne secrétaire d'État américaine, Madeleine Albright, travaille aussi au sein de ce groupe.

Accusations de fraude

La violence et des accusations de fraude massive contre le parti au pouvoir ont marqué le scrutin.

Dans certains États, on a constaté que le nombre de bulletins de vote comptabilisés dans des bureaux dépassait, parfois de beaucoup, le nombre d'électeurs inscrits. Des agents électoraux ont aussi été accusés d'avoir bourré des urnes.

À Abeokuta, un fief du président sortant Olusegun Obasanjo, un journaliste nigérian a rapporté que des malfaiteurs avaient volé des urnes, avant de les ramener remplies de bulletins. À Lagos, on a constaté que les noms de certains candidats étaient absents des bulletins de vote.

Rappelons que les bulletins de vote, imprimés à l'étranger, n'étaient arrivés que vendredi soir pour être acheminés dans les 120 000 bureaux de vote du pays. Samedi, le vote a commencé avec beaucoup de retard dans certains bureaux, tandis que d'autres n'ont même pas ouvert en raison d'une pénurie de matériel électoral.

Violence en continu

Quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote, samedi, des inconnus ont tenté de faire sauter le siège de la commission électorale à Abuja, la capitale fédérale, au moyen d'un camion-citerne rempli d'essence. Le véhicule a heurté un poteau téléphonique devant le bâtiment, sans exploser.

À Daura, dans le nord du pays, trois adolescents de 11 à 17 ans ont été tués par l'armée lors d'une manifestation organisée par l'opposition. Vendredi, sept policiers avaient été abattus dans une embuscade à Nassarawa, dans le centre du pays.

Deux civils sont morts lorsque les bureaux du candidat du parti au pouvoir à la vice-présidence dans le sud du pays ont été attaqués. D'autres hommes armés ont également enlevé un responsable électoral dans l'État d'Ondo.

Scrutin historique

Cette élection devait permettre, pour la première fois, la transition entre deux présidents civils dans ce pays le plus peuplé d'Afrique, qui a connu trois décennies de régime militaire.

Le Parti démocratique du peuple (PDP), au pouvoir, a remporté haut la main les régionales du 14 avril. Des fraudes multiples - vols d'urnes, faux électeurs, intimidations, etc. - ont été relevées durant ce scrutin, et une cinquantaine de personnes ont été tuées.

Le président sortant, Olusegun Obasanjo (archives)

Le président Obasanjo a rejeté une demande des partis d'opposition d'annuler ce scrutin.

La présidentielle opposait le candidat du PDP et gouverneur de l'État musulman de Katsina, Umaru Yar'adua, à deux adversaires principaux: le général Muhammadu Buhari, du All Nigeria Peoples Party (ANPP), et Atiku Abubakar, de l'Action Congress.

Le président Obasanjo, qui n'a pas réussi à faire modifier la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat, a tenté par tous les moyens d'empêcher ce dernier, considéré comme son grand rival, de se présenter.


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