Le pari de Michel Rocard

L'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard Michel Rocard   © AFP/DAMIEN MEYER

À neuf jours du premier tour de la présidentielle française, l'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard lance un pavé dans la marre en préconisant une alliance entre la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal, et le centriste François Bayrou pour le second tour de la présidentielle.

L'ancien premier ministre socialiste propose à Ségolène Royal de faire alliance avec le candidat centriste François Bayrou au deuxième tour pour barrer la route à Nicolas Sarkozy.

« Je constate qu'il faut barrer la route à Sarkozy, c'est une urgence. J'espère que Ségolène sera assez forte, mais j'ai le plus grand doute, d'après les sondages, qu'elle puisse vaincre seule au second tour. Et l'idée de partir seule dans ces conditions me paraît d'un extrême danger, presque suicidaire », a précisé Michel Rocard en entrevue à la radio RTL.

L'ancien premier ministre Rocard a accordé une entrevue à Michel Désautels, à la radio de Radio-Canada.

Le chef de l'Union démocratique française, François Bayrou, a salué dans cet appel un signe d'un « changement en route » du paysage politique français actuellement marqué par le clivage gauche droite.

Francois Bayrou, candidat de l'Union démocratique française Francois Bayrou, candidat de l'Union démocratique française   © AFP/MICHEL GANGNE

Mais Ségolène Royal rejette l'hypothèse de l'ancien premier ministre socialiste. « Je suis la candidate de la clarté. Je ne me livrerai à aucune tractation, aucune manoeuvre, aucune tentative de débauchage individuel dans le dos des électeurs », a sévèrement répliqué la candidate socialiste lors d'une rencontre avec la presse à Mulhouse.

Plusieurs membres du Parti socialiste se disent mal à l'aise devant l'initiative de Michel Rocard, qui pourrait fragiliser Ségolène Royal en risquant de semer un peu plus le trouble dans l'esprit des électeurs. Ils craignent aussi que cette alliance fasse peser un doute sur la capacité de la socialiste à arracher la victoire.

Depuis deux mois, Ségolène Royal est donnée battue au deuxième tour par le candidat de droite Nicolas Sarkozy dans la quasi-totalité des sondages. François Bayrou arrive en troisième position au premier tour, devant le chef d'extrême droite Jean-Marie Le Pen.

Controverse du côté de la droite

De son côté, le candidat de droite Nicolas Sarkozy a dû se démarquer vendredi des propos de son bras droit Brice Hortefeux sur l'introduction d'une dose de proportionnelles aux élections législatives.

Le ministre délégué aux Collectivités territoriales a proposé dans Le Figaro qu'une soixantaine de députés puissent être élus à la proportionnelle lors des législatives de 2012.

« Brice Hortefeux s'exprimait à titre personnel. Je ne suis absolument pas engagé par ces propos », a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement à Meaux, en banlieue parisienne.

Les propos de Brice Hortefeux ont ravivé les soupçons sur un éventuel rapprochement entre le parti de M. Sarkozy, l'UMP, et le Front national de Jean-Marie Le Pen, dont la proportionnelle est une vieille revendication.

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