Guerre des mots

En France, les esprits s'échauffent à l'approche du scrutin.

À 20 jours du premier tour de l'élection présidentielle, les candidats Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal multiplient les attaques personnelles et les invectives.

Ségolène Royal Ségolène Royal   © AFP/Eric Feferberg

Après l'introduction des thèmes sensibles dans la campagne électorale, les candidats Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont passés aux attaques personnelles.

La candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal a qualifié mardi soir de « menteur » Nicolas Sarkozy. Elle a nié l'avoir qualifié personnellement « d'ignoble » comme celui-ci l'en accuse. Elle a expliqué qu'elle avait utilisé ce mot pour qualifier la proposition de l'ancien ministre de l'Intérieur de créer un « ministère de l'immigration et de l'identité nationale. » « Et un menteur est-il apte à devenir président de la République? », s'est interrogée Mme Royal.

Nicolas Sarkozy est « un menteur, oui, c'est même un menteur récidiviste », a renchéri mercredi le porte-parole de la candidate, Vincent Peillon.

« Quand elle me traite d'ignoble, je ne dis rien. Je mets ça sur le compte de la fatigue passagère », a attaqué de son côté Nicolas Sarkozy. « Quand elle soutient les fraudeurs, elle ne doit pas s'attendre de ma part à des applaudissements. » « Cette attitude est irresponsable de la part de candidats à la présidence de la République », a-t-il ajouté.

Le candidat centriste François Bayrou s'est engouffré dans la brèche en fustigeant mercredi la « guerre perpétuelle » et les « injures réciproques » entre les deux candidats. Pour lui, la France « a besoin d'un président qui soit capable de faire vivre les Français ensemble ».

En fait, le ton monte depuis une semaine à la suite d'incidents à la gare du Nord à Paris entre des jeunes et la police, liés à l'interpellation d'un voyageur sans billet et qui ont fait ressurgir le spectre des émeutes de banlieues ayant secoué le pays fin 2005.

Le candidat de l'extrême droite Jean-Marie Le Pen estime que le déroulement de la campagne le « renforce » grâce au retour sur le devant de la scène de ses thèmes de prédilection, l'immigration, l'insécurité et l'identité nationale.

Boum des livres politiques

Un rayon de livres politiques. Un rayon de livres politiques.   © AFP/Jacques Demarthon

Parallèlement à la campagne électorale, une centaine de livres politiques ont été publiés en France pour le seul premier trimestre 2007.

Les 111 titres parus sont écrits par les candidats eux-mêmes ou sur les candidats.

Qui connaît Madame Royal?, un livre critique contre la candidate socialiste écrit par l'ancien économiste du Parti socialiste, Éric Besson, connaît un grand succès en librairie. Tiré dans un premier temps à 50 000 exemplaires, il a aussitôt été réimprimé pour atteindre un tirage de 130 000 exemplaires.

Le favori de la droite Nicolas Sarkozy a publié cette semaine Ensemble, tiré à 145 000 exemplaires. C'est son second livre en l'espace de 9 mois.

Le livre Projet d'espoir du centriste François Bayrou, tiré à 100 000 exemplaires, s'est placé à la tête des ventes en mars.

De son côté, la candidate socialiste Ségolène Royal a publié le 27 mars dernier Maintenant avec un tirage de 80 000 exemplaires.

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