« Comportement inexcusable », selon Bush

George W. Bush George W. Bush   © AFP/Brendan SMIALOWSKI

Le président américain, George W. Bush, a accusé l'Iran de faire preuve d'un « comportement inexcusable », dans le dossier des 15 militaires britanniques capturés par Téhéran au large des côtes irano-irakiennes le 23 mars.

Le président américain réclame la libération des marins britanniques détenus par Téhéran. La ministre britannique des Affaires étrangères plaide de son côté pour un accès aux militaires.

M. Bush s'exprimait samedi lors d'une conférence de presse, à la suite d'une rencontre à Camp David avec son homologue brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.

Il a réclamé que Téhéran relâche les marins, qu'il a qualifiés d'otages.

Estimant lui aussi que les Britanniques ont été capturés dans les eaux irakiennes, le président a plaidé pour une résolution pacifique de la crise.

Le président Bush s'exprimait pour la première fois depuis la capture des marins britanniques.

Le pari diplomatique de Londres

Margaret Beckett, ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett   © AFP/Gerard Cercles

Londres a confirmé, samedi, avoir répondu par la voie diplomatique à la note formelle que lui a remise Téhéran la veille, par l'entremise de son ambassade.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, refuse d'en préciser le contenu. Elle ajoute néanmoins que Londres est désireuse d'avoir accès à ses militaires, dont elle ignore jusqu'au lieu de détention.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué samedi que la note diplomatique sera « peut-être examinée », ajoutant que Téhéran attendait un changement d'attitude du gouvernement britannique. « Nous attendons un changement de comportement de la part de la Grande-Bretagne et une attitude équilibrée et transparente dans le cadre des demandes légitimes de l'Iran », indique un communiqué du ministère.

Londres soutient toujours favoriser un règlement pacifique au contentieux.

Le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, a pour sa part entrepris d'engager des contacts avec le négociateur iranien Ali Larijani pour tenter de dénouer la crise, au lendemain d'un appel unanime de l'Europe à la libération immédiate des militaires, sous peine de « mesures appropriées ».

Les aveux de deux des militaires britanniques diffusés dans les derniers jours sur une chaîne de télévision iranienne, dans lesquelles ils reconnaissaient être entrés illégalement dans les eaux iraniennes, ont profondément choqué le premier ministre britannique.

Vendredi, Tony Blair s'est indigné de la façon dont Téhéran utilise les prisonniers pour servir sa politique. Il a menacé l'Iran d'un isolement durable s'il continue à diffuser de telles images.

On ne sait pas si ces confessions ont été livrées sans contrainte.

Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, ces vidéos des militaires ont été diffusées « pour des raisons humanitaires, afin d'alléger les souffrances de leurs familles et montrer qu'ils allaient bien ».

Depuis le début de l'affaire, le Royaume-Uni n'a jamais dérogé de sa conviction, preuves à l'appui, que ses militaires étaient dans les eaux territoriales irakiennes au moment d'être arraisonnés par des navires iraniens et demande depuis leur libération immédiate.

Démenti de l'ambassadeur à Moscou

Nathan Thomas Summers, Faye Turney et un troisième militaire non-identifié. Nathan Thomas Summers, Faye Turney et un troisième militaire non-identifié.   © AFP/DSK

L'ambassadeur d'Iran à Moscou, Gholamreza Ansari, a démenti avoir avancé, lors d'une entrevue vendredi sur une chaîne de télévision russe, qu'il est possible que les militaires « soient jugés pour avoir mené cette action illégale ».

« La télévision a commis une erreur en traduisant les propos concernant les militaires britanniques capturés et a fait état de la possibilité d'un procès », a-t-il déclaré à l'agence Irna.

Il soutient avoir simplement dit que l'affaire était maintenant entrée dans une « phase judiciaire ». La précision n'exclut cependant pas l'éventualité d'un procès. Margaret Beckett avait entre temps déploré les « commentaires provocateurs » de l'ambassadeur.

Le 25 mars dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, avait évoqué cette possibilité.

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