Nathan Thomas Summers
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AFP/DSK
Téhéran diffuse vendredi de nouveaux « aveux » de 2 des 15 soldats britanniques arrêtés le 23 mars dernier pour violation des eaux territoriales de la République islamique. On ne sait pas si ces confessions ont été livrées sans contrainte.
La télévision d'État iranienne diffuse une nouvelle lettre de la soldate Faye Turney et une autre vidéo d'un militaire britannique, qui s'excuse d'être entré illégalement dans les eaux territoriales de la République islamique. La manoeuvre indigne Tony Blair.
La télévision d'État iranienne Al-Alam a d'abord diffusé une vidéo du soldat Nathan Thomas Summers, qui soutient être entré sans permission dans les eaux territoriales de la République islamique et qui s'en excuse au peuple iranien.
Le soldat Summers, que l'on voit assis aux côtés de sa collègue Turney et d'un autre militaire, déclare en outre que « l'intrusion » dans les eaux territoriales iraniennes serait la deuxième à être commise depuis 2004.
Les propos du soldat captif vont dans le même sens que ceux tenus plus tôt cette semaine par Faye Turney, dans une vidéo diffusée à la télévision iranienne et dans deux lettres envoyées au Parlement britannique.
Quelques heures plus tard, l'ambassade iranienne à Londres a d'ailleurs diffusé une troisième lettre attribuée à la soldate Turney, dans laquelle la militaire soutiendrait avoir été « sacrifiée » au profit des « politiques interventionnistes des gouvernements Bush et Blair ».
On peut également y lire, dans un anglais approximatif: « Nos pays doivent commencer à retirer leurs troupes d'Irak afin d'aller de l'avant et de laisser le peuple irakien commencer à reconstruire leur vie ». La soldate Turney ajouterait être bien traitée, contrairement aux prisonniers d'Abu Ghraib.
La lettre en question est précédée de l'adresse « To British people », ce qui constitue une erreur de syntaxe en langue anglaise. Il aurait plutôt fallu lire « To the British people ».
Londres reste ferme
Des images de trois soldats, dont Faye Turney, montrées par la télévision iranienne
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AFP/AL-ALAM
Le premier ministre Tony Blair s'est indigné de la façon dont Téhéran utilise les prisonniers britanniques pour servir sa politique.
« Je ne sais pas pourquoi le régime iranien persiste à faire cela. Cela ne fait que renforcer le dégoût des gens. Exhiber des militaires capturés et les manipuler de cette façon, ça ne trompe personne », a-t-il déclaré quelques instants avant la publication de cette nouvelle lettre.
Tony Blair menace Téhéran d'un isolement durable s'il continue à diffuser de telles images. Il admet toutefois qu'il est peu probable qu'une sortie de crise intervienne rapidement dans ce dossier.
Le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni, qui nie toute violation des eaux territoriales iraniennes, a aussi condamné la diffusion de la vidéo du soldat Summers, qualifiée « d'exploitation honteuse » de la situation des prisonniers.
Reconnaître ou s'excuser?
Ce nouvel épisode dans le bras de fer opposant Londres à Téhéran survient peu après que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, eut réclamé des excuses officielles du Royaume-Uni.
Une note diplomatique rendue publique vendredi par l'ambassade iranienne à Londres utilise toutefois un langage plus modéré. La missive ne réclame pas d'excuses, mais demande plutôt à Londres « d'éviter la récurrence de tels actes ».
Le gouvernement turc poursuit entre-temps sa tentative de médiation. Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a appelé le président iranien jeudi soir pour lui demander de reconsidérer la possibilité de libérer la soldate Turney.
Mahmoud Ahmadinejad se serait montré ouvert à cette possibilité, selon une porte-parole du gouvernement turc.
Américains et Européens réagissent
Tout en restant très prudents sur la question des soldats britanniques détenus en Iran, les États-Unis rejettent tout lien entre cette affaire et les cinq Iraniens détenus depuis janvier par les forces de la coalition en Irak.
Ces cinq Iraniens présentés par Téhéran comme des diplomates sont toujours détenus par la coalition qui les accuse de collaborer avec des insurgés en Irak.
Par ailleurs, les 27 pays membres de l'Union européenne demandent à Téhéran de libérer immédiatement les marins britanniques, dont la capture constitue « une violation du droit international ».