La perpétuité pour Khalifa

Le milliardaire algérien Rafik Khalifa Le milliardaire algérien Rafik Khalifa   © AFP/PIERRE ANDRIEU

Le plus grand scandale financier de l'histoire algérienne a connu son dénouement, jeudi, par la condamnation à la prison à perpétuité de l'homme d'affaires Rafik Khalifa.

L'ancien magnat algérien Rafik Khalifa, exilé depuis 2003 au Royaume-Uni, a été condamné à la prison à perpétuité par contumace pour escroquerie. Alger réclame maintenant son extradition.

Ce dernier est réfugié à Londres depuis la chute de son empire, en 2003. L'Algérie vient par ailleurs de réclamer son extradition aux autorités britanniques.

La veille, le tribunal criminel de Blida prononçait des dizaines de condamnations à des peines de prison ou à des amendes contre d'anciens responsables du groupe Khalifa. Figurent parmi les inculpés, outre l'épouse de Rafik Khalifa, un ancien gouverneur de la banque d'Algérie et un ancien ministre de l'Industrie.

Le procès Khalifa s'était ouvert en janvier dernier en s'attardant sur un « trou » de près de 500 millions de dollars, découvert lors d'un contrôle des autorités financières du pays. Les inculpés ont répondu à une trentaine de chefs d'accusations, dont faillite frauduleuse, détournement de fonds, corruption, association de malfaiteurs, abus de confiance, ainsi que faux et usage de faux.

La rapide ascension et la chute d'un empire

Le groupe Khalifa, fondé par Rafik Khalifa, un pharmacien de 40 ans et fils d'un ancien ministre, était composé principalement d'une banque, d'une compagnie aérienne et d'une chaîne de télévision située en France. Il avait un chiffre d'affaires de un milliard de dollars et employait plus de 20 000 personnes. Le groupe était également le commanditaire de la prestigieuse équipe de soccer française l'Olympique de Marseille.

C'est aussi à cette époque, au début des années 2000, que la journaliste québécoise Denyse Beaulieu, chargée de rédiger une biographie du magnat, décrit Khalifa comme « un type dont on voudrait comme patron grand frère, parce qu'on sait qu'il vous mènera loin, aussi loin que ses rêves... »

Mais le groupe, dont l'ascension a été courte et spectaculaire, s'est effondré comme un château de cartes très rapidement.

Après la découverte du « trou », trois des cadres de la Banque Khalifa ont été arrêtés à l'aéroport d'Alger, transportant frauduleusement plus de trois millions de dollars en liquide. Un des cadres arrêtés est mort en prison quelques mois avant le début du procès.

Le groupe a finalement été mis en faillite en juin 2003, et des milliers de petits épargnants ont subi des préjudices considérables.

L'éclatement de l'affaire Khalifa en Algérie a été suivi d'une série d'autres scandales impliquant des banques privées qui ont détourné des dizaines de millions de dollars.

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