Le président Bush devant le Congrès américain.
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AFP/Larry DOWNING
George W. Bush n'a pu prononcer son traditionnel discours sur l'état de l'Union sans y aborder l'incontournable sujet qu'est l'Irak; il n'a pu, aussi, aborder cette épineuse question sans susciter un concert de réprobations un peu partout sur la planète.
Le discours sur l'état de l'Union du président américain George W. Bush suscite de nombreuses critiques dans le monde, notamment en ce qui a trait au controversé plan pour l'Irak.
Alors que les démocrates, la population et même certains républicains s'opposent à sa nouvelle stratégie irakienne, le président a défendu son plan d'envoyer plus de 21 000 soldats supplémentaires en Irak.
Il a aussi appelé les Américains à laisser « une chance » à sa nouvelle stratégie et les a mis en garde contre le risque d'un conflit régional en cas d'échec dans ce pays.
Selon lui, il est essentiel d'envoyer des troupes supplémentaires pour aider à prévenir le « chaos dans le pays ». Il estime que son plan représente « la meilleure chance de succès » pour y parvenir. Toutefois, le Sénat, contrôlé par les démocrates, vient de déposer une résolution bipartisane dans laquelle il rejette la décision du président d'envoyer plus de 21 000 militaires à Bagdad et dans la province d'Anbar.
Scepticisme au sein de la communauté internationale
« Il pense qu'il y a une solution militaire au problème irakien. Nous, nous pensons le contraire », a expliqué le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, avant d'ajouter que « jusqu'à maintenant, la stratégie américaine est un échec, il y a une guerre civile ».
Même son de cloche du côté d'un bon nombre de parlementaires irakiens qui reprochent aussi au président américain de ne pas avoir modifié quoi que ce soit, lors de son discours de mardi, à une politique décriée et rejetée par la majorité.
« Bush n'a rien dit de nouveau et n'a donné aucun espoir réel aux Irakiens », a affirmé le parlementaire sunnite Hussein Al-Falluji.
Le ministre japonais de la Défense, Fumio Kyuma, reconnu pour son franc-parler, a ajouté sa voix, mercredi, aux critiques du plan américain, regrettant que les États-Unis se soient lancés dans une guerre sans avoir de plan pour l'après-guerre.
Bush en appel au Congrès
Des soldats américains en Irak
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AFP/Patrick BAZ
Le président Bush a aussi lancé un appel aux démocrates. Il leur a ainsi demandé de se joindre à un nouveau comité bipartite pour « partager des idées » sur la guerre et « montrer à nos ennemis que nous sommes unis dans notre volonté de victoire ».
« Le Congrès a changé, mais nos responsabilités restent les mêmes », a-t-il aussi souligné. « Nous ne sommes pas les premiers à venir ici avec un gouvernement divisé et de l'incertitude dans l'air. Comme beaucoup avant nous, nous pouvons travailler ensemble malgré nos différences et accomplir de grandes choses pour le peuple américain. »
« L'Amérique n'a pas le droit d'échouer en Irak, parce que vous comprenez que cela aurait des conséquences funestes et de grandes ampleurs [...] Peu importe ce pour quoi vous avez voté, vous n'avez pas voté pour l'échec », a-t-il lancé.
Un sondage pour le quotidien Washington Post et la chaîne ABC indique que 70 % des Américains désapprouvent la politique irakienne de M. Bush.
Selon le même sondage, 33 % seulement des Américains approuvent l'action du président en général. C'est la cote de popularité la plus basse depuis son élection pour un premier mandat en 2000.
La réplique démocrate
Le sénateur démocrate Barack Obama (archives)
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AFP/JEFF HAYNES
Les démocrates ont accueilli plutôt froidement la main tendue du président Bush. « La majorité du pays ne soutient plus la guerre qui est livrée, pas plus que la majorité de nos militaires », a dit le sénateur de la Virginie, Jim Webb, qui s'exprimait au nom de la majorité démocrate.
Le sénateur a aussi réclamé « un changement immédiat » du plan irakien, et notamment « une formule qui permette à nos forces de combat de quitter l'Irak prochainement ».
« Je doute que le président ait convaincu le moindre membre du Congrès avec ce discours », a dit quant à lui le président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre, Tom Lantos. Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate en vue de la prochaine présidentielle, a dénoncé la « logique erronée du président [...] je crois que toute cette entreprise a été ratée », a-t-il dit sur les ondes de CNN.
Dans son discours sur l'état de l'Union, le président Bush a également demandé à ses compatriotes de réduire leur consommation d'essence.