Des soldats en renfort

George W. Bush arrive au sommet de l'APEC au Vietnam George W. Bush

Malgré la pression de plus en plus forte aux États-Unis pour réduire le contingent américain en Irak, le président George W. Bush emprunte la voie inverse.

Présentant sa nouvelle stratégie pour sortir du bourbier irakien, le président américain George W. Bush affirme qu'il assume la responsabilité des erreurs en Irak. Il annonce l'envoi de plus de 20 000 militaires.

Mercredi soir, M. Bush a en effet présenté aux Américains son nouveau plan pour sortir du bourbier irakien. Le président a notamment annoncé l'envoi de « plus de 20 000 » militaires supplémentaires.

Dans son discours, le président a reconnu qu'il s'agissait d'une erreur de ne pas avoir envoyé suffisamment de troupes pour sécuriser la capitale irakienne, théâtre de sanglants attentats. Il a affirmé qu'il assumait la responsabilité des erreurs commises en Irak

Ainsi, des renforts qui seront envoyés, la majeure partie des soldats seront mobilisés pour sécuriser Bagdad. Quelque 4000 Marines supplémentaires seront quant à eux déployés dans la province irakienne d'Anbar.

Trois brigades supplémentaires de l'armée irakienne seront déployées dans la capitale irakienne. Le commandement militaire à Bagdad sera aussi complètement remanié.

Le nouveau plan de bataille du président Bush comprend, par ailleurs, une intensification de la lutte contre les « infiltrés iraniens et syriens » qui opèrent en Irak.

Prévenant que cette nouvelle approche n'allait pas enrayer la violence à court terme, le président a aussi souligné que l'engagement des États-Unis en Irak n'est pas « limité dans le temps », mais que le gouvernement irakien de Nouri Al-Maliki doit agir immédiatement pour faire cesser les violences.

Le président américain a ainsi assigné des objectifs au gouvernement irakien pour qu'il accélère sa prise de responsabilités et assure le contrôle du pays d'ici, au plus tard, novembre 2007.

« Si nous renforçons notre soutien en ce moment crucial et si nous aidons les Irakiens à briser le cycle actuel des violences, nous pourrons précipiter le jour où nos troupes commenceront à rentrer au pays », a dit M. Bush.

Il s'agit du huitième plan de George W. Bush depuis l'invasion de l'Irak en mars 2003.

Une option critiquée

Un sondage montrait mardi que près des deux tiers des Américains ne veulent pas d'envoi de soldats supplémentaires en Irak. Les démocrates, qui contrôlent maintenant le Congrès, ne sont pas non plus d'accord pour envoyer de nouvelles troupes en Irak.

D'ailleurs, un des plus farouches opposants à la mission américaine en Irak, le sénateur démocrate Ted Kennedy, veut déposer un projet de loi pour forcer le président à obtenir l'autorisation du Congrès avant d'envoyer des troupes supplémentaires en Irak ou d'accorder de nouveaux milliards à la mission.

Selon le sénateur du Massachusetts, le peuple américain a envoyé un message très clair aux élections de mi-mandat en redonnant une majorité aux démocrates dans les deux chambres du Congrès. « Nous devons changer de stratégie en Irak et envoyer moins de troupes, et non provoquer une escalade », a-t-il estimé dans un discours.

En 2003, M. Kennedy avait été un des rares sénateurs à voter contre la participation militaire américaine en Irak. Il a toujours comparé les difficultés de l'armée là-bas à celles vécues au Vietnam, où plus de 58 000 soldats ont perdu la vie dans les années 1960 et 1970.

Le président Bush a rencontré les leaders des deux chambres en après-midi, pour tenter d'obtenir leur soutien.

Le Réseau de l'Information vous présentera une émission spéciale sur le discours du président Bush à 22 h.

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