Lider maximo

Pendant un demi-siècle, Cuba, autant dans sa vie politique, économique que sociale, est sous la domination de Fidel Castro. Très apprécié du peuple cubain à ses débuts, le Lider maximo a peu à peu instauré un régime autoritaire qui s'est transformé en dictature.

« Au regard du bloc occidental, toujours plus gris et plus morne, c'est un homme de panache, un personnage romantique et intraitable... un acteur remarquable. » — - Tad Szulc, biographe de Castro
Fidel Castro   © AFP/Adalberto ROQUE

À la tête de Cuba depuis 1959, Fidel Castro a exercé un règne sans partage, procédant à l'élimination de ses adversaires politiques, surtout pendant les années 60, mais également à celle d'intellectuels au sein du Parti communiste, comme ce fut le cas en 1996.

Monopolisant les leviers du pouvoir, il est devenu président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, premier secrétaire du Parti communiste cubain et commandant en chef des forces armées en 1976. Sous son règne, la dissidence politique n'a pas été tolérée, et les droits de la personne ont été bafoués.

Quelques dates1959: accède au pouvoir et devient premier ministre
1976: Fidel Castro renforce son pouvoir: il est élu à la tête du Conseil d'État, cumulant les fonctions de chef de gouvernement et de chef de l'État, sur le modèle des pays de l'Est.
Juillet 1992: une réforme de la constitution renforce les pouvoirs du président du Conseil d'État (Fidel Castro) et prévoit l'élection au suffrage universel de l'Assemblée nationale.
Janvier 2003: le Parlement renouvelle le mandat de Fidel Castro à la présidence du Conseil d'État pour la cinquième fois, sans discussion ni débat politique.
Février 2008: Fidel Castro annonce qu'il quitte le pouvoir après 49 ans à la tête du pays, en raison de sa santé fragile. L'Assemblée nationale populaire confirme que son frère Raul lui succède à la présidence du Conseil d'État.

Les premières années

Ayant entre ses mains les rênes du pouvoir, Fidel Castro a voulu, dès son accession au pouvoir, faire table rase du passé pour établir les bases de la nouvelle société cubaine. Les premières mesures ont été radicales et ont attiré les foudres des États-Unis. En neuf mois, 1500 décrets ou lois sont adoptés.

Quelques mesures ont été prises immédiatement: baisse des loyers, contrôle des prix des denrées alimentaires, mesures contre le jeu. Par la suite, Castro s'est lancé dans d'autres réformes sociales, s'attachant par exemple à instaurer un système de santé décent pour tous (le nombre d'hôpitaux dans le pays a doublé entre 1959 et 1964). Il a mis en place un système décentralisé de pouvoir local (1968) par lequel des délégués élus assuraient la liaison avec le gouvernement municipal. C'était aussi une façon de contrôler d'éventuelles contestations.

Le 17 mai 1959, Castro a promulgué la première réforme agraire, qui, entre autres, limitait la propriété individuelle à 402 hectares et assurait la propriété de la terre à ceux qui la travaillaient. Cette réforme touchait essentiellement les terres appartenant à des sociétés américaines. Quelque 40 % des terres sont passées à l'État. Les propriétaires ont été indemnisés, d'une façon qu'ils ont jugée insuffisante.

Dans ce pays où la population était maintenue dans l'indigence intellectuelle autant que matérielle, la bataille de 1960 et 1961 a été menée contre l'analphabétisme. Le but: que tout Cubain ait accès à la douzième année de scolarisation. Il s'agissait au premier chef d'alphabétiser les adultes. Le régime a ensuite proclamé Cuba territoire libéré d'analphabétisme.

Vers la fin des années 1970, Fidel Castro a adopté pour l'île le modèle socialiste.

Quand disparaîtra le lider maximo

« Les États-Unis ne peuvent détruire la révolution, [mais] ce pays peut s'autodétruire, cette révolution peut venir à bout d'elle-même. Nous pouvons la détruire et ce serait notre faute. » — Fidel Castro, 2006
Fidel Castro

Comment imaginer Cuba en l'absence de son dirigeant si présent? Lui-même s'est posé la question.

Lancée en 2006, la « bataille des idées » a notamment pour but de faire survivre ses convictions et la nature de son régime. Dans un discours prononcé en novembre 2005, devant les étudiants de l'Université de La Havane et cité par Le monde (7 août 2006), il se demande:« Les révolutions sont-elles condamnées à échouer? [...] Quand les anciens commenceront à disparaître et qu'il faudra faire place à de nouvelles générations de dirigeants, que se passera-t-il? Peut-on faire en sorte que le processus révolutionnaire soit irréversible? » Seul l'avenir le dira...

Castro, la cible de tentatives d'assassinat

« Si survivre aux tentatives d'assassinat était une discipline olympique, je serais médaillé d'or. » — Fidel Castro

Certaines sources estiment qu'il y aurait eu plus de 600 attentats ou complots contre la vie de Fidel Castro en près de 50 ans.

Déjà, du temps du président Eisenhower (au pouvoir de 1953 à 1961), la CIA avait envisagé des attentats contre la vie de Fidel Castro. Très vite après la révolution, et avant même que les grandes réformes ne soient engagées à Cuba, les États-Unis sont déterminés à se débarrasser de Fidel Castro. Deux mois après la fuite de Batista, le Conseil national de sécurité américain envisage des moyens pour mettre le nouveau leader hors d'état de nuire, sans même avoir donné la chance à la voie diplomatique.

À la suite de l'échec de l'invasion de la baie des Cochons, le président John F. Kennedy et son frère Robert auraient donné l'ordre d'éliminer le leader cubain. Selon un rapport de la CIA datant de 1962, Robert Kennedy aurait demandé au Pentagone et à la CIA de trouver une « solution » au problème cubain, en priorité absolue.

Selon une enquête publiée dans le Courrier international, la CIA avait pensé à des moyens originaux tels qu'une combinaison de plongée empoisonnée ou un coquillage explosif pour éliminer Castro.

Cette théorie est niée avec vigueur par l'entourage des Kennedy. Cependant, d'après le Courrier international, l'opération Mangouste mise sur pied par les Kennedy était basée sur le principe suivant: l'élimination de Castro constituerait l'étincelle nécessaire pour une insurrection populaire à Cuba. Selon des documents, la CIA aurait envisagé d'assassiner Castro dans la tour de la maison d'Ernest Hemingway, transformée en musée après le suicide de l'écrivain.

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