Imprimer cette page

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Accueil

Mise à jour le lundi 25 février 2008 à 10 h 50
Envoyer à un ami

 

Accueil

Journalistes: Florence Meney, Sophie-Hélène Lebeuf, Anne Bergerot, Aïda Zenova

Il faudra imaginer Cuba sans Fidel Castro. Celui qui incarne un demi-siècle de l'histoire de la petite île s'est retiré officiellement le 19 février 2008. Castro, héros révolutionnaire puis dictateur, figure parmi les chefs d'État dont la longévité a été la plus grande. Isolé sur son île au milieu de la mer, le Lider maximo a tenu tête à une dizaine de présidents américains, pour le meilleur et pour le pire.


Une photo de Fidel Castro publiée par le Juventud Rebelde

Photo: AFP/JuventudRebelde.cu/Ho

L'une des photos publiées de Fidel Castro

Malgré un débarquement américain en 1961, malgré des tentatives d'assassinat et un embargo économique draconien, ce ne sont pas les États-Unis qui ont réussi à chasser leur principal ennemi du continent.

Ce n'est pas non plus la mort qui l'a éloigné du pouvoir, mais la maladie, qui l'avait d'ailleurs contraint à confier « temporairement » les rênes du pays à son « jeune » frère Raul, numéro deux du régime, en juillet 2006. L'hypothétique retour ne s'est jamais produit.

Le dernier survivant de la guerre froide se retire, sans toutefois rendre les armes. Le castrisme n'est pas mort, mais Cuba se retrouve aujourd'hui sans Fidel. Comment Raul Castro arrivera-t-il à prendre la relève d'un chef d'État qui, si longtemps, a tenu entre ses mains tous les mécanismes du pouvoir? Quel avenir attend maintenant les Cubains?

Quelles que soient les réponses, une page est tournée.

Extraits du message publié dans Granma (19 février 2008)

« J'ai eu l'honneur d'assumer durant beaucoup d'années la charge de président. [...] J'ai toujours usé des prérogatives nécessaires pour conduire l'oeuvre révolutionnaire avec le soutien de l'immense majorité du peuple. »

« Ma position était inconfortable, face à un adversaire [les États-Unis] qui faisait tout ce qui était imaginable pour se débarrasser de moi, et à qui je n'ai jamais cherché à plaire. »

« Mon désir a toujours été de remplir mon devoir jusqu'à mon dernier souffle. C'est ce que je peux offrir. »

« Mon devoir élémentaire est de ne pas m'accrocher à mes fonctions, et encore moins de faire obstacle à des personnes plus jeunes, mais d'apporter mes expériences et idées dont la modeste valeur vient de l'époque exceptionnelle qu'il m'a été donné de vivre. »

« Je ne vous fais pas mes adieux. Je souhaite combattre comme un soldat des idées. Je continuerai à écrire sous le titre "Réflexions du camarade Fidel". Ce sera une arme de l'arsenal avec lequel il faudra compter. Peut-être ma voix s'entendra. »

Trois Cubains sur quatre n'ont jamais connu un autre leader que Castro.