La confrontation avec les États-Unis

Très vite après la prise de pouvoir de Fidel Castro, l'une des principales menaces pour l'avenir du nouveau régime cubain va venir de son gigantesque voisin situé à moins de 150 kilomètres. L'antagonisme entre les deux pays sera implacable et inévitable. Survol des principaux affrontements.

Avant l'arrivée de Fidel Castro, les États-Unis et Cuba avaient des liens économiques et politiques très étroits. Le 7 janvier 1959, Washington reconnaît le nouveau gouvernement castriste.

Par sa révolution, Castro déchaîne toutefois des tempêtes de nationalisme et de ressentiment historique. C'est avec la réforme agraire que commencent vraiment les problèmes pour le nouvel État cubain. Les propriétaires terriens, se sentant floués, se révoltent et s'arment à leur tour. Ils financeront la contre-révolution. Certains proches de Fidel Castro se détourneront aussi de leur chef, jugeant que la révolution va trop loin.

Les États-Unis s'inquiètent et menacent de réduire les achats de sucre. Fidel Castro est placé devant un dilemme: diluer la révolution ou continuer dans cette voie, quitte à encourir les foudres de son puissant voisin. Castro choisit l'affrontement. Dans un coup d'éclat destiné à rallier le peuple, il démissionne de son poste de premier ministre, puis revient en force quelques jours plus tard.

Rapidement, les tensions s'intensifient entre Cuba et les États-Unis. Castro répondra point par point aux représailles américaines, avec, par exemple, la saisie des biens américains et la nationalisation des entreprises américaines.

En mars 1960, le gouvernement américain adopte formellement une politique d'opérations paramilitaires contre Castro et les siens. La CIA s'applique alors à armer des bandes de guérilleros anti-castristes. Parmi ceux-ci, d'anciens paysans riches et des soldats de Batista, mais aussi des mercenaires. Des raids sur l'île auront pour effet de mobiliser les masses cubaines et d'accélérer les velléités d'armement de Cuba.

L'embargo

En août 1960, lors de la Conférence de l'OEA (l'Organisation des États américains), les États-Unis font voter par les pays d'Amérique latine l'embargo contre Cuba et la cessation de toute relation avec l'île. Castro répliquera par la première déclaration de La Havane. En octobre, les États-Unis imposent à Cuba un embargo commercial. Dès janvier 1961, c'est la rupture totale des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba.

Castro proclame que la révolution est socialiste, et il adhère au marxisme-léninisme le 2 décembre 1961.

En 1961, une tentative d'invasion de l'île est orchestrée par des exilés cubains formés avec l'aide des États-Unis. Le 17 avril, l'invasion mercenaire de la Playa Giron (baie des Cochons) a lieu. Son échec attise la colère américaine, mais conforte Castro dans son entreprise et accélère le processus de réforme interne.

À deux doigts d'un conflit nucléaire mondial

Après l'échec de la baie des Cochons, les États-Unis changent de tactique et tentent de plus en plus d'isoler Cuba, tant économiquement que diplomatiquement. La politique d'exclusion sera suivie par les pays d'Amérique latine, sauf exception.

De plus en plus isolé face au reste du monde, Castro se rapproche encore de l'URSS. Che Guevara obtient un traité militaire avec l'Union soviétique. Ce traité accorde à Cuba des rampes de missiles défensifs à courte portée. Le 11 septembre, les premières armes arrivent à Cuba. La tension est à son comble.

Le président américain, John F. Kennedy, annonce un blocus naval de l'île. Une guerre nucléaire semble inévitable. Après plusieurs jours de négociations, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev accepte de retirer ses missiles sans que Castro soit impliqué dans les tractations.

L'affrontement américano-cubain vient de connaître son apogée.

Les tensions entre Castro et les États-Unis ne seront pas toujours aussi intenses. Par exemple, sous la présidence de Gerald Ford (1974-1977), le secrétaire d'État Henry Kissinger avait tenté un rapprochement. Mais à cette époque, la présence de troupes militaires cubaines en Angola, fortement critiquée par les États-Unis, est venue mettre un terme au dégel. L'hostilité traditionnelle a alors repris ses droits.

Un embargo renforcé

Le 2 mars 1996, la loi américaine Helms-Burton (du nom des sénateurs Jesse Helms et Dan Burton) renforce l'embargo contre Cuba et prévoit des sanctions contre les sociétés étrangères entretenant des relations commerciales avec l'île. Le Canada et le Mexique dénoncent la Loi Helms-Burton. Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne menace Washington de représailles en cas d'application de cette loi.

Correspondants
à l’étranger

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Massacre de Houla : les Occidentaux veulent accentuer la pression sur Damas

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook