
Droits de l'Homme
![]() Le secrétaire général des Nations unies sortant, Kofi Annan |
Kofi Annan a profité de l'un de ses derniers discours comme secrétaire général de l'ONU pour critiquer sévèrement les États-Unis. De passage au Missouri, lundi, il a laissé entendre que le pays avait bafoué ses valeurs fondatrices dans sa lutte contre le terrorisme, ce qui a irrité la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice.
« Ce pays a historiquement été à l'avant-garde du mouvement des droits de l'homme. Mais ce rôle ne peut se perpétuer que si l'Amérique reste fidèle à ses principes, même dans la lutte contre le terrorisme », a affirmé M. Annan devant un public nombreux au Musée présidentiel Truman, à Independence.
« Lorsque l'Amérique semble abandonner ses propres idéaux et objectifs, ses amis à l'étranger sont naturellement troublés », a ajouté le secrétaire général sortant.
Évoquant l'invasion de l'Irak, à laquelle il s'était opposé, M. Annan a souligné que le monde ne considère l'utilisation de la force militaire comme légitime que si elle est faite dans un but juste. « Nous devons tous reconnaître, quelle que soit notre puissance, que nous n'avons pas le droit d'agir comme il nous plaît », a-t-il ajouté en citant abondamment l'ancien président américain Harry Truman.
Faisant le bilan de ses 10 années passées à la tête de l'ONU, le secrétaire général sortant a plaidé en faveur du multilatéralisme pour faire face aux défis tels que la prolifération nucléaire, le changement climatique, le terrorisme et les pandémies. « Face à ces dangers, aucun pays ne peut assurer sa sécurité en cherchant à dominer les autres. Nous partageons tous la responsabilité de la sécurité de chacun », a-t-il conclu.
Le discours de Kofi Annan a déçu la chef de la diplomatie américaine. « J'aurais espéré qu'il parle de tout le travail que nous avons accompli ensemble », a déclaré Condoleezza Rice, citant les Fonds internationaux pour le sida et la démocratie, le Soudan, le cessez-le-feu au Liban.