Hugo Chavez triomphe

Hugo Chavez à son arrivée au Conseil électoral national Hugo Chavez à son arrivée au Conseil électoral national   © AFP/Juan MABROMATA

Le Conseil électoral national a confirmé, lors d'une cérémonie solennelle, la réélection pour un nouveau mandat de six ans du président sortant Hugo Chavez.

Des milliers de partisans d'Hugo Chavez réunis autour du siège du Conseil électoral national ont célébré la confirmation de sa victoire par 63 % des voix contre 37 % pour son adversaire social-démocrate.

Celui qui dirige les destinées du Venezuela depuis huit ans a recueilli 63 % des voix lors des présidentielles de dimanche, contre 37 % pour son rival social-démocrate Manuel Rosales, gouverneur de l'État de Zulia.

Des milliers de partisans du leader gauchiste ont sauté de joie et allumé des pétards après la confirmation de la victoire de leur chef.

D'après la présidente du Conseil électoral national, le processus électoral a été « transparent, crédible et efficace », avec un taux d'abstention d'à peine 25 %.

Le constat dressé par la chef de mission d'observateurs de l'Union européenne, Monica Frassoni, est pour sa part plus nuancé.

Ainsi, selon l'eurodéputée, si le système de vote électronique s'est révélé efficace, elle souligne en revanche avoir reçu de nombreuses dénonciations de pressions sur des fonctionnaires pour qu'ils votent pour Hugo Chavez et participent à ses meetings de campagne. Aucune des allégations n'a jusqu'ici pu être vérifiée.

Elle a aussi critiqué la forte propagande institutionnelle et le manque d'équilibre dans les informations données par les médias.

Manuel Rosales, candidat à la présidentielle au Venezuela Manuel Rosales

Lundi, après le dépouillement de 78 % des voix qui le donnait largement en avance, Hugo Chavez avait déjà proclamé sa victoire lors d'un rassemblement devant le palais présidentiel à Caracas. « Longue vie à la victoire du peuple! a-t-il déclaré, les bras levés en signe de triomphe, sous les applaudissements de ses sympathisants qui bravaient la pluie. C'est une grande victoire pour la révolution [...], c'est une victoire pour l'espoir, c'est une victoire pour tout le Venezuela. »

Son adversaire a reconnu sa défaite. « Nous reconnaissons que nous avons été battus », a déclaré Manuel Rosales lors d'un discours devant ses sympathisants, dimanche soir.

« Nous avons commencé la lutte pour la construction d'un nouvel avenir », a clamé le candidat de l'opposition, affirmant que sa candidature avait permis de « rétablir l'espoir » et conduire à la « construction d'une alternative, d'un Venezuela pour tous ». « Nous triompherons démocratiquement », a-t-il promis.

Hugo Chavez, qui dirige le Venezuela depuis huit ans, a été porté au pouvoir pour un nouveau mandat de six ans. Durant la campagne électorale, il avait affirmé qu'il pourrait modifier la Constitution du Venezuela pour lui permettre de solliciter autant de mandats qu'il le souhaite. Le parti de M. Chavez détient tous les sièges de l'Assemblée nationale, puisque les partis d'opposition ont boycotté le scrutin législatif de 2005.

De son côté, Manuel Rosales, 53 ans, s'est présenté comme un rempart contre le gouvernement Chavez, qu'il juge de plus en plus autoritaire. Il a promis d'en finir avec l'idéologie « cubano-communiste » prônée par son adversaire et de faire cesser les rapprochements avec des pays hostiles aux États-Unis, comme l'Iran.

Dimanche, 16 millions de Vénézuéliens étaient appelés aux urnes. Environ 1000 observateurs de l'Organisation des États américains et de l'Union européenne étaient présents pour surveiller le déroulement du scrutin, et plus de 130 000 soldats étaient chargés d'assurer la sécurité des électeurs et d'empêcher tout événement violent. Aucun incident n'a été signalé.

Un vent de gauche souffle sur l'Amérique latine

T-shirts représentant Hugo Chavez et Che Guevara, à Caracas au Venezuela   © AFP/Juan Mabromata

Chef de file d'une gauche radicale en Amérique latine, Hugo Chavez, 52 ans, a le soutien de millions de pauvres au Venezuela.

Il a utilisé l'argent du pétrole pour financer des programmes scolaires et universitaires, de l'aide alimentaire, de l'assistance aux mères célibataires et d'autres infrastructures. Selon des statistiques gouvernementales, la proportion de pauvres est passée de 44 % à 34 % dans le pays depuis son arrivée au pouvoir en 1998.

Le Venezuela est le pays le plus riche en pétrole d'Amérique latine. Il est aussi le cinquième exportateur de brut au monde. Les États-Unis, qui ont empêché l'accession du Venezuela au Conseil de sécurité de l'ONU, en sont paradoxalement l'un des principaux clients pétroliers.

L'élection de dimanche est la douzième élection présidentielle en Amérique latine depuis novembre 2005. Un vent de gauche souffle dans cette région du monde, avec l'arrivée au pouvoir de Daniel Ortega au Nicaragua, de Rafael Correa en Équateur, d'Evo Morales en Bolivie, ainsi que des dirigeants plus modérés Michelle Bachelet au Chili et Luiz Inacio Lula da Silva au Brésil.

Hugo Chavez se fait d'ailleurs le porte-étendard du mouvement, et caresse un grand projet de front uni des dirigeants de gauche pour faire contrepoids à l'influence américaine.

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