L'impasse politique persistante au Liban a eu une conséquence, samedi. Les cinq ministres chiites du Hezbollah et du Amal ont en effet démissionné.
Cinq ministres pro-Syrie du Hezbollah et du Amal présentent leur démission, à la suite de l'échec des négociations pour faire davantage de place aux mouvements chiites au sein du gouvernement.
Les deux organisations pro-Syrie ont annoncé la nouvelle par communiqué, repris par les télévisions libanaises.
Le premier ministre Fouad Siniora a toutefois répondu par communiqué qu'il refusait ces démissions.
Les cinq ministres, chargés des Affaires étrangères, de l'Agriculture, de la Santé, de l'Énergie et du Travail, étaient les seuls représentants de la communauté chiite dans le gouvernement Siniora. Ils disent avoir « démissionné parce que la majorité insiste pour exercer le pouvoir toute seule ».
Les différentes formations libanaises négociaient depuis lundi pour accorder plus de place au Hezbollah et à ses alliés au sein du gouvernement. Le Hezbollah exigeait d'obtenir avec ses alliés chiites un tiers des ministères dans le gouvernement. Présentement, la plupart des membres du cabinet ministériel de M. Siniora font partie du bloc anti-Syrie, qui détient la majorité au Parlement libanais.
Le Hezbollah réclame plus de place au sein du gouvernement pour que l'opposition ait une minorité de blocage. La majorité anti-Syrie, dirigée par Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, assassiné en février 2005, refuse toutefois d'accorder à l'opposition cette minorité de blocage. Elle voit derrière cette demande une tentative de la Syrie de revenir en force sur la scène politique libanaise.
En disposant d'une minorité de blocage, l'opposition aurait en effet la possibilité d'empêcher le gouvernement d'entériner la constitution d'un tribunal international sur l'assassinat de Rafic Hariri. Une commission d'enquête de l'ONU avait mis en cause des responsables syriens et libanais dans la mort de l'ex-premier ministre.
Devant l'échec des pourparlers, le Hezbollah menace maintenant de tenir de grandes manifestations au pays pour réclamer des élections générales anticipées.