Paul Bremer, administrateur américain en Irak en 2003
Sitôt après la capture de Saddam Hussein, le 13 décembre 2003, l'administration américaine en Irak a mis sur pied un tribunal spécial pour juger le raïs déchu et son régime.
Le 1er juillet 2004, Saddam Hussein comparaissait pour la première fois devant les juges. D'emblée, il a qualifié le tribunal de « mascarade ». Pendant les longs mois du procès, il allait conserver cette attitude défi.
C'est le 19 octobre 2005 que le procès attendu s'ouvre. Saddam Hussein et sept de ses principaux lieutenants sont accusés des divers crimes pour leur implication alléguée dans une campagne de répression contre la population chiite du village de Doujaïl.
Voici les grandes lignes de ce procès historique, salué par les uns, décrié par les autres.
2005
19 octobre: Ouverture du procès de Saddam Hussein et de sept anciens dirigeants irakiens devant le Tribunal spécial irakien (TSI) pour le massacre de 148 villageois chiites à Doujaïl en représailles à un attentat manqué contre l'ex-président en 1982. Le président déchu plaide non coupable.
20 octobre: Me Saadoun Janabi, avocat d'Awad Ahmad Al-Bandar, ancien juge du tribunal révolutionnaire et coaccusé de Saddam Hussein, est assassiné à Bagdad.
8 novembre: Me Adel Mohammad Abbas, avocat de l'ancien numéro deux du régime irakien Taha Yassine Ramadan, est retrouvé mort à Bagdad. Me Tamer Hammoud Hadi, qui défend l'accusé Barzan Al-Tikriti, a été blessé.
9 novembre: Le collectif de défense de Saddam Hussein conteste la légitimité du TSI, rebaptisé Haut Tribunal irakien. Saddam Hussein sera expulsé à plusieurs reprises du tribunal et refusera parfois de comparaître.
28 novembre: Témoignage d'un ancien responsable contre le demi-frère du président déchu, Barzan Al-Tikriti, accusé d'avoir mené une répression impitoyable à Doujaïl.
5 décembre: Deux témoins racontent, à visage découvert, les arrestations, tortures et meurtres commis à Doujaïl.
2006
Le juge Raouf Abdel Rahmane
23 janvier: Un nouveau juge kurde, Raouf Rachid Abdel Rahmane, est désigné après la démission du juge Rizkar Amine, critiqué pour son manque de fermeté.
28 février: Le procureur présente la copie d'une lettre signée par Saddam Hussein, approuvant la condamnation à mort des 148 villageois de Doujaïl. Le document est authentifié par des experts.
1er mars: Saddam Hussein reconnaît avoir traduit en justice les personnes soupçonnées d'un attentat contre son convoi en 1982.
15 mars: Saddam Hussein appelle les Irakiens à la résistance. Tikriti nie toute responsabilité dans le massacre de Doujaïl.
5 avril: Saddam Hussein affirme avoir appliqué la loi en entérinant la condamnation à mort des 148 personnes.
15 au 17 mai: Saddam Hussein refuse de plaider coupable ou non coupable. Les autres accusés se proclament innocents.
19 juin: La peine de mort est requise contre Saddam Hussein, Barzan Al-Tikriti et Taha Yassine Ramadan.
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AFP/David Furst
21 juin: Assassinat d'un troisième avocat, Me Khamis Al-Obeidi. En signe de protestation, Saddam commence le lendemain à observer une grève de la faim. Elle durera 18 jours.
26 juillet: Plaidoirie de l'avocat commis d'office, en raison du boycottage des avocats de Saddam. Le lendemain, le procès est ajourné au 16 octobre.
5 novembre: Le Haut Tribunal irakien rend son verdict. Saddam Hussein est condamné à la mort par pendaison, pour crimes contre l'humanité.
26 décembre: La Cour d'appel du Haut Tribunal pénal irakien confirme la décision de condamner à la pendaison Saddam Hussein. Il n'y a plus de recours possible pour l'ancien dictateur âgé de 69 ans. La sentence doit être exécutée dans les 30 jours suivant la décision de la Cour.
30 décembre: Saddam Hussein est exécuté par pendaison.