Réactions en Irak

Célébrations de la condamnation de Saddam Hussein dans le quartier chiite de Sadr City Des résidents du quartier de Sadr City brandissent des photos d'Irakiens tués sous le régime de Saddam Hussein.   © AFP/Ahmad Al-Rubaye

La condamnation des dirigeants de l'ancien régime a exacerbé les divisions existant au sein de la société irakienne. Dans les heures qui ont suivi le prononcé de la sentence, dimanche, les réactions n'ont pas été exemptes de violence.

Des membres de la majorité chiite, opprimée sous le régime de Saddam Hussein (lui-même sunnite), ont laissé éclater leur joie dans les rues. Dans les quartiers chiites de la capitale, des milliers de personnes ont envahi les rues pour célébrer le verdict, défiant le couvre-feu imposé, dans les circonstances, à Bagdad et dans la région.

Des affrontements ont aussi opposé des rebelles armés et des militaires américains et irakiens dans deux quartiers sunnites de la capitale. Des tirs de mortier contre un quartier chiite et un autre, sunnite, ont fait au moins cinq morts, selon la police.

De nombreux sunnites ont lancé un appel à la réhabilitation de Saddam Hussein. Certains ont crié à un complot d'Israël et des États-Unis, notamment à Tikrit, l'ancien bastion de Saddam Hussein.

Réactions politiques

Réaction du premier ministre Nouri Al-Maliki à la condamnation de Saddam Hussein Nouri Al-Maliki

Le premier ministre de l'Irak, Nouri Al-Maliki, a salué un verdict rendant justice, selon lui, aux familles de Doujaïl et aux autres victimes de l'injustice du régime Hussein. « Cela signe la fin d'une période noire de l'histoire de ce pays et en ouvre une autre, celle d'un Irak démocratique et libre », a-t-il déclaré.

De son côté, le président Jalal Talabani, de passage en France, a refusé de commenter la condamnation, prétextant qu'elle faisait l'objet d'un appel.

Le Parti islamique, principale formation sunnite d'Irak, a demandé à ce que le verdict ne soit pas « exploité politiquement » par le gouvernement de M. Al-Maliki.

Alerte et précautions

À Bagdad, l'armée en état d'alerte a mobilisé toutes ses forces, révoquant les permissions et rappelant des réservistes. Dans la capitale, 40 000 soldats irakiens et 15 000 soldats américains patrouillaient les rues.

Un couvre-feu général avait été décrété pour les piétons comme pour les véhicules à Bagdad et dans les provinces de Diyala et Salaheddine où se trouve la ville de Tikrit.

Les autorités ont aussi fermé deux chaînes de télévision privées, propriété de sunnites, qualifiant leur couverture des événements d'incitation à la violence et au meurtre.

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