Washington reste ferme

Des manifestants sud-coréens brûlent un drapeau de la Corée du Nord à Séoul Des manifestants sud-coréens brûlent un drapeau de la Corée du Nord à Séoul   © AFP/JUNG YEON-JE

Les diplomates chinois, sud-coréens, japonais et américains sont toujours à pied d'oeuvre, jeudi, afin de trouver un consensus sur un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Conseil de sécurité recherche toujours un compromis sur un projet de résolution présenté par les États-Unis et rejeté par la Chine.

À New York, le Conseil de sécurité devrait passer la journée à discuter d'une nouvelle mouture du projet de résolution américain rejeté la veille. Les diplomates ne semblaient pas s'entendre sur la portée juridique de la résolution et sur l'étendue des sanctions.

De sources onusiennes, le projet amendé serait toujours placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies. Ce chapitre autorise dans des cas extrêmes les actions militaires au nom de la communauté internationale.

La Chine, quant à elle, s'oppose encore à une telle éventualité, préférant à la menace de représailles militaires des « mesures punitives appropriées ».

Le président chinois doit d'ailleurs rencontrer son homologue sud-coréen, vendredi, afin de débattre des mesures de représailles contre leur voisin nord-coréen.

Un responsable politique sud-coréen a précisé que la rencontre entre le Chinois Hu Jintao et le Coréen Roh Moo-hyun est essentiellement destinée à mettre au point « une méthode efficace de résolution de la crise ».

Pour la plupart des observateurs de la péninsule coréenne, la Chine, grâce à son veto au Conseil de sécurité et ses liens avec la Corée du Nord, détiendrait la clef de la crise.

La dictature communiste dépend en effet presque entièrement de son voisin chinois et, dans une moindre mesure, de la Corée du Sud, pour nourrir ses 23 millions d'habitants.

Pékin n'a pas remis en cause son aide à Pyongyang, craignant probablement, de l'avis de plusieurs experts, qu'un effondrement du régime puisse entraîner vers le territoire chinois un afflux de milliers de réfugiés nord-coréens.

Et en attendant un éventuel consensus de la communauté internationale, Séoul a indiqué qu'il allait entamer sous peu le renforcement de ses capacités militaires pour contrer la menace nucléaire nord-coréenne. La Corée du Sud veut aussi que les États-Unis lui confirment sa protection contre toute attaque nucléaire, une protection prévue depuis 1978.

La diplomatie nord-coréenne, pendant ce temps, a de nouveau menacé le Japon de fortes représailles si Tokyo allait de l'avant avec ses propres sanctions.

Jeudi, le Japon a décrété un embargo contre toutes les importations en provenance de Corée du Nord. De plus, les voyageurs et les navires nord-coréens ne pourront bientôt plus entrer sur le territoire nippon ni accoster à un port de l'archipel.

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