
Corée du Nord
par René Mailhot
Inquiétude et condamnation unanime partout dans le monde de l'essai nucléaire nord-coréen qui a placé de facto ce pays au rang de 9e puissance nucléaire mondiale. Et les révélations de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) voulant que Pyongyang possède 40 kg de plutonium lui permettant de fabriquer une demi-douzaine de bombes n'ont rien pour rassurer la Corée du Sud et le Japon.
La levée de boucliers a abouti à une résolution contraignante en 13 points, présentée par Washington au Conseil de sécurité, énumérant toute une série de sanctions économiques et financières. On demande à la Corée du Nord de réintégrer le Traité de non-prolifération. On veut surtout que Pyongyang revienne à la table des négociations.
Un recours à la force?
Là où le bât blesse, c'est que Washington insiste pour que cette résolution soit adoptée sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoyant notamment le recours à la force si nécessaire.
Il y a de fortes chances que Moscou et surtout Pékin, qui ont tous deux condamné l'essai nucléaire, refusent cependant d'adopter une résolution aussi contraignante.
Les tractations diplomatiques entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité seront ardues, la Chine détenant manifestement la clé d'une éventuelle solution.
![]() |
Les conséquences
Force est de constater que le bras de fer que se livraient Pyongyang et Washington depuis quatre ans a été perdu par les Américains. Le régime stalinien de Pyongyang, malgré toutes les mises en garde et même les menaces de Washington a procédé à son essai nucléaire comme si de rien n'était.
![]() |
Cet essai pourrait entraîner également une véritable course à l'armement nucléaire dans la région de la part du Japon et probablement même de la Corée du sud, qui se retrouve dans une situation particulièrement vulnérable.
Cet essai donne par ailleurs un argument de plus à l'Iran pour aller de l'avant avec son programme nucléaire. Dans la foulée, des pays comme l'Arabie Saoudite, la Turquie et l'Égypte ne voudront pas être laissés en plan.
Échec de la non-prolifération
Le Traité de non-prolifération nucléaire, qui a peut-être empêché une confrontation entre les deux superpuissances durant la Guerre froide, est devenu une véritable coquille vide ces dernières années.
Plusieurs spécialistes en rendent grandement responsable l'administration américaine.
Ils dénoncent une politique permissive envers certains pays alliés et restrictive pour d'autres. Ainsi, le Pakistan ou l'Inde, pays alliés aux ambitions régionales parfois douteuses, ou encore Israël, ont pu se doter de l'arme nucléaire. Mais les ambitions d'autres pays, comme la Corée du Nord et l'Iran, ont été contrecarrées. Cette politique de deux poids deux mesures a favorisé la prolifération nucléaire dans ces pays qui se sentent dans la ligne de mire de Washington.
Qui plus est, on doit constater finalement l'impuissance des grandes puissances face à ce problème de plus en plus inquiétant.
|
Chronologie de la crise nord-coréenne
|