Bucarest accueille le monde français

jean-charest-visite Jean Charest

Bucarest en est aux derniers préparatifs pour accueillir le 11e sommet de la Francophonie, dont l'ouverture aura lieu jeudi.

La capitale roumaine accueillera 63 chefs d'État lors de l'événement. Jean Charest est déjà sur les lieux pour participer à une série de manifestations culturelles. En revanche, le chef d'État libanais n'aurait pas été invité.

Les chefs de 63 États, dont les premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper, se sont donné rendez-vous dans la capitaine roumaine. M. Charest est déjà sur les lieux pour assister à une série de manifestations culturelles au cours desquelles le Québec veut se démarquer.

Monique Gagnon-Tremblay, ministre québécoise responsable de la Francophonie, rappelle que le sommet de la Francophonie est la seule tribune internationale où le Québec peut s'exprimer de sa propre voix. La présence de M. Charest est donc d'autant plus importante que plusieurs dossiers politiques et économiques sont à l'ordre du jour.

Mardi matin, les États présents à Bucarest ont discuté des critères d'adhésion à la Francophonie. Dans ce dossier, Québec préfère restreindre l'accès au groupe.

Selon Mme Gagnon-Tremblay, si un État ne fait pas la promotion du français et n'en encourage pas l'enseignement, il ne devrait pas pouvoir profiter d'une tribune au sommet de la Francophonie. À ce sujet, un comité a été chargé de revoir les critères d'adhésion.

La situation en Roumanie

À Bucarest, les citoyens craignent un blocage total de la circulation dans la ville. C'est ce qu'a démontré une « répétition officielle » des cortèges, mobilisant des centaines de limousines et 1700 policiers entre l'aéroport et le centre-ville.

Tous les étudiants du pays seront en congé de mercredi à vendredi, jour de la clôture du sommet, ainsi que tous les fonctionnaires qui ne sont pas impliqués dans l'organisation de cette rencontre.

Pour l'événement, la police de Bucarest a fait appel au renfort d'agents provinciaux. Les forces de l'ordre mobilisées oscilleront entre 2000 et 3500 troupiers.

Signalons que la situation du français en Roumanie inquiète. Le nombre d'élèves du pays apprenant le français a chuté de 25 % en 5 ans. Ils choisissent de plus en plus souvent l'anglais comme langue seconde.

Le Liban laissé de côté

Le président libanais Émile Lahoud (archives)

Le Liban ne participera pas au Sommet de la Francophonie parce qu'aucune invitation officielle n'a été adressée au président Émile Lahoud.

« Il est profondément regrettable que le président roumain (Traian Basescu) se soit soumis aux pressions directes exercées par le président français Jacques Chirac et n'ait pas adressé une invitation au chef de l'État libanais, contrairement aux us et coutumes internationaux », a affirmé la présidence. Il appert que le président libanais, prosyrien, soit boycotté par les pays occidentaux qui ne le considèrent pas comme légitime.

M. Chirac était un ami de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, assassiné en février 2005 alors que la Syrie tenait le Liban sous sa tutelle. Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a réagi en indiquant que son pays ne souhaitait pas entrer dans une polémique.

Soulignons toutefois que le premier ministre libanais Fouad Siniora a reçu une invitation, mais il a décidé d'envoyer son ministre de la Culture, Tarek Mitri, pour le représenter. Beyrouth avait accueilli la rencontre en 2002.

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