Poste de surveillance à la frontière américano-mexicaine
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AFP/TIM SLOAN
En cette ère post-septembre 2001, Boeing vient d'obtenir un contrat de sécurité qui pourrait lui rapporter plus de 8 milliards de dollars.
Le gouvernement américain fait appel à Boeing pour doter ses frontières terrestres d'un réseau sophistiqué de quelque 1800 tours de surveillance électronique.
En vertu de ce contrat, le géant américain de l'aéronautique aura à déployer d'ici trois ans, le long des frontières des États-Unis avec le Mexique et le Canada, des équipements de surveillance sophistiqués.
Pour réduire autant que possible les infiltrations illégales, Boeing propose ainsi de mettre en place deux réseaux de plus de 900 tours d'observation chacun le long de 10 000 kilomètres de frontières terrestres.
Ces tours, équipées entre autres de détecteurs de mouvement, de détecteurs de chaleur et de caméras emploieront en fait de la technologie qui n'était utilisée jusqu'ici que sur les champs de bataille.
La première phase du contrat est évaluée à plus de 80 millions de dollars.
Toutefois, un tel système est loin de faire l'unanimité aux États-Unis, plusieurs observateurs et spécialistes doutant de sa réelle efficacité. Jeudi, le Washington Post rapporte que depuis 1995, les dépenses pour accroître la sécurité des frontières terrestres américaines sont passées de 1,2 à 12,7 milliards de dollars. Le nombre de douaniers, lui, est passé de 5000 à plus de 12 000. Et, lors de cette même période, le nombre d'immigrants illégaux aux États-Unis est passé de 5 millions à plus de 11 millions.
Au Canada, un expert en droit international de l'Université de la Colombie-Britannique, cité par le Globe and Mail, estime que l'attribution d'un tel contrat à Boeing démontre surtout, de ce côté-ci de la frontière, l'échec d'Ottawa à convaincre Washington du sérieux de ses propres mesures de sécurité.
« Les Canadiens devraient y penser à deux fois avant de compromettre leurs normes nationales de libertés civiles et de protection des droits des réfugiés dans une tentative déjà vouée à l'échec pour rassurer les États-Unis », affirme ainsi le professeur Michael Byers.