Front franco-américain pour la paix

Rebelle au Darfour

Le président américain George W. Bush a fait un vibrant plaidoyer en faveur du Darfour lors de son discours annuel devant l'assemblée générale des Nations unies.

Dans leurs discours à l'ONU, le président américain et son homologue français pressent Khartoum d'accepter sans délai le déploiement prévu de Casques bleus dans la province soudanaise.

Il a martelé qu'il en allait de la crédibilité de l'ONU qu'elle mette rapidement en oeuvre sa résolution du 31 août dernier, qui prévoit le déploiement de quelque 17 000 Casques bleus dans la province soudanaise.

George W. Bush a pressé l'ONU d'agir si Khartoum maintient son refus d'accueillir le contingent onusien. Le président soudanais favorise plutôt le maintien du contingent de l'Union africaine (UA) au Darfour, à défaut de pouvoir y renforcer ses propres troupes déjà sur place.

Le président Bush a annoncé officiellement qu'il avait pour sa part mandaté Andrew Natsios, ancien directeur de l'Agence américaine pour le développement international, comme émissaire spécial dans la région.

Le spectre du Rwanda

Un enfant et sa mère dans un camp de réfugiés Réfugiés dans un camp au Darfour

Le président français, Jacques Chirac, a fait écho aux propos de son homologue américain et pressé le Soudan à accepter sans délai la mission de paix onusienne.

Il a averti la communauté internationale qu'il lui revenait de conjurer au Darfour une nouvelle tragédie humaine.

« Au Darfour, des millions de personnes sont menacées. Un crime contre l'humanité se prépare [...] Des désordres sanglants sont à nouveau sur le point de secouer le coeur même de l'Afrique », a lancé le président de la France.

L'ONU craint que le départ prévu, fin septembre, du contingent sous-équipé et sous-financé de 7000 soldats de l'UA au Darfour n'entraîne une nouvelle vague d'exactions contre la population, si la force d'interposition onusienne n'y est pas rapidement déployée.

L'UA fait d'ailleurs l'objet d'intenses pressions de la communauté internationale pour qu'entre-temps, elle maintienne son contingent sur place, au-delà de l'expiration de son mandat. Le déploiement d'un contingent onusien sur le terrain ne pourrait en effet avoir lieu avant janvier prochain.

Un sommet du Conseil de paix et de sécurité de l'UA qui devait prendre une décision à cet égard lundi, à New York, a été reporté à mercredi matin, pour permettre aux présidents nigérian, Olusegun Obasanjo, et rwandais, Paul Kagame, qui n'étaient pas encore arrivés, d'y participer.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui doit y assister, demandera à l'UA de rester au Darfour au-delà du 30 septembre, probablement jusqu'à la fin de l'année, a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Le Darfour est en proie, depuis février 2003, à une guerre civile opposant des groupes rebelles, émanant de la population locale, au pouvoir central de Khartoum, qu'appuient des milices arabes. Le conflit a fait environ 300 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, d'après l'ONU.

Un accord de paix signé en mai entre le gouvernement soudanais et les principaux groupes de rebelles devait mettre un terme au conflit dans cette région. Toutefois, des incidents entre factions rebelles rivales au cours des derniers mois ont encore augmenté le nombre de victimes.

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