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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Chronique de René Mailhot

L'ÉTAT DU MONDE 5 ANS APRÈS

Mise à jour le vendredi 1 septembre 2006 à 18 h 04
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Chronique de René Mailhot

L'ÉTAT DU MONDE 5 ANS APRÈS

René Mailhot
L'ÉTAT DU MONDE CINQ ANS APRÈS


René Mailhot est un spécialiste de l'actualité internationale. Au cours de ses 40 ans de carrière, il a séjourné dans plus d'une centaine de pays, plus particulièrement en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Il a été président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, membre fondateur du Conseil de presse et directeur du magazine Le 30.



Cinq ans, c'est court dans l'histoire de l'humanité. Pourtant, bien des choses ont changé dans la foulée des événements tragiques survenus à New York, et pas toujours pour le mieux.


Le président des États-Unis, George Bush, avait alors lancé une guerre tous azimuts contre le terrorisme international en déclarant que le 11 septembre marquait le début de la « Troisième Guerre mondiale ». Les cibles de l'équipe néoconservatrice, qui gère les politiques de George Bush, étaient centrées sur le Moyen-Orient.

L'Afghanistan

Première cible: l'Afghanistan et son régime taliban, avec à l'arrière-plan Oussama ben Laden et Al-Qaïda. Une coalition internationale, dirigée par les États-Unis, a délogé ces « fanatiques de Dieu ».

On a instauré un gouvernement « démocratique » et crié victoire. Cinq ans après, pourtant, c'est toujours le chaos. Deux mille morts depuis janvier.


L'Irak

En 2003, c'est le régime de Saddam Hussein, en Irak, qui est tombé dans la mire de Washington. On se souvient tous de la menace des armes de destruction massive.

Une nouvelle guerre, selon la Maison-Blanche, hautement victorieuse. Pourtant, depuis trois ans, 40 000 morts. Plus de victimes que pendant la guerre elle-même. Dans les faits, il s'agit d'une guerre civile qui ne dit pas son nom!

Pourtant, la Maison-Blanche avait fait de l'Irak l'axe central de son projet de démocratisation du « Grand Moyen-Orient ».

Le conflit israélo-palestinien

Ce conflit, malgré le plan de paix appelé « Feuille de route », parrainé par Washington, est allé de mal en pis. Le plan est désormais moribond, et le président Bush, confronté au gâchis de l'Irak, au plus bas dans les sondages, ne sait visiblement plus où donner de la tête dans ce dossier.

« Fascistes islamiques »

Bref, toute la politique étrangère de Bush, de l'Irak à l'Iran (la question du nucléaire), en passant par la question palestinienne, n'a cessé de renforcer le camp du fondamentalisme. On a tout mêlé: terrorisme international, les pays de « l'axe du mal » (Syrie, Iran), le Hamas, le Hezbollah, Al-Qaïda. Tous des « fascistes islamiques » qu'il faut combattre, a dit George Bush.

Jamais l'image de l'Amérique n'aura été aussi mauvaise dans l'ensemble du monde arabe et musulman.

État de droit bafoué

Les énormes pouvoirs que la Maison-Blanche s'est octroyés depuis 2001, sans en référer au Congrès, les autres entraves à la Constitution commises au nom de la guerre contre le terrorisme (tribunaux d'exception, écoutes téléphoniques), les violations de la loi internationale (Guantanamo, torture, prisons secrètes) sont très largement remis en cause maintenant.


La Cour suprême a été on ne peut plus claire, récemment: « Même en temps de guerre, la loi est ce que la Constitution, le Code de la justice et la Convention de Genève sont. » Une guerre sans justice ne peut-être une guerre juste, a conclu l'un des juges.

Bref, le président Bush s'est fait rappeler qu'il était seulement « un président, pas un empereur ».

Pessimisme et espoir

Dans son récent rapport annuel, Amnistie internationale dénonce de nouveau les atteintes aux droits de l'homme perpétrées dans le monde au nom de la guerre contre le terrorisme. « Certains gouvernements ont sacrifié leurs principes fondamentaux sur l'autel de la guerre contre le terrorisme... Le monde a payé un prix élevé et l'impact a été désastreux... »

En plus des États-Unis, la Grande-Bretagne est, elle aussi, montrée du doigt.

Amnistie internationale refuse toutefois de céder au pessimisme. Elle note les nombreuses remises en cause un peu partout et pense que les mentalités changent, qu'on commence à comprendre qu'on ne combat pas le terrorisme par la violence.

Votre opinion sur la stratégie antiterroriste occidentale

  • Est-ce que le monde se porte mieux ou moins bien, cinq ans après?
  • Que penser de la stratégie américaine?
  • Les lois antiterroristes sont-elles acceptables dans le contexte?
  • Que penser de celles du Canada?
  • Le Canada est-il une cible possible ou probable du terrorisme?

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