L'Europe appelée en renfort

Soldats libanais Soldats libanais   © AFP/Joseph Barrak

L'ONU a appelé l'Europe à contribuer davantage au premier contingent de 3500 Casques bleus de la Force des Nations unies au Liban (FINUL), afin d'équilibrer les forces entre les États occidentaux et musulmans.

L'ONU demande à l'Europe de contribuer davantage à la FINUL afin d'équilibrer les forces entre les États occidentaux et musulmans. Le Canada, lui, réitère qu'il n'enverra pas de soldats ou de navires.

Les États-Unis ont notamment exhorté la France à augmenter son aide. La France a proposé d'envoyer 200 hommes, qui s'ajouteront aux 200 Casques bleus français de l'actuelle FINUL. Ce chiffre est bien en deçà des espoirs de l'ONU, qui compte sur Paris pour fournir l'« ossature » de la force.

Un bataillon du génie est déjà en route pour le Liban, a annoncé vendredi la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, qui a réclamé davantage de précisions sur la nature de l'engagement des troupes.

Le secrétaire adjoint de l'ONU, Mark Malloch Brown, s'est félicité des promesses exprimées par l'Italie et la Finlande de déployer des hommes, ainsi que des engagements pris par l'Indonésie, la Malaisie et le Bangladesh. Mais il a souhaité que la future force ait « un caractère multilatéral afin de bénéficier de la confiance des deux parties ».

En Italie, le gouvernement s'est dit prêt à envoyer jusqu'à 3000 soldats, mais a demandé lui aussi plus de précisions sur le mandat de la FINUL. De leur côté, l'Indonésie et la Malaisie ont chacun proposé d'envoyer un bataillon de 1000 hommes dès que l'ONU aura donné son feu vert.

Cependant, des responsables israéliens ont jugé que seuls des pays entretenant des relations avec l'État juif pouvaient participer à la FINUL, ce qui n'est pas le cas de l'Indonésie et de la Malaisie.

Les appuis se multiplient

Un nombre croissant de pays donnent leur appui à un renforcement de la FINUL au Liban-Sud. Mais face au refus de la milice chiite Hezbollah de désarmer et au flou entourant le mandat de la FINUL, la communauté internationale hésite à s'engager militairement sur le terrain.

Ainsi, l'Égypte, le Maroc, la Belgique, la Turquie, la Lituanie, le Portugal et la Thaïlande se sont dits favorables à l'envoi de troupes, mais attendent un « mandat clair » de l'ONU. Les Pays-Bas ont affirmé quant à eux être prêts à participer, « si nécessaire ».

L'Allemagne a déjà exclu un engagement de ses troupes terrestres. La chancelière allemande, Angela Merkel, a toutefois proposé de fournir des hommes pour la surveillance des côtes, et évoqué la possibilité de contribuer aux tâches d'aide logistique, de transport aérien et de reconnaissance.

Le Canada ne participera pas à la FINUL renforcée

Peter MacKay Peter MacKay (archives)

De son côté, le Canada n'enverra pas de soldats ou de navires pour aider les Nations unies à maintenir le cessez-le-feu au Liban. Vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a déclaré que les forces militaires canadiennes étaient déjà très engagées en Afghanistan, ainsi qu'en Haïti.

L'ONU espère être en mesure d'envoyer sur le terrain 3500 hommes d'ici 10 jours. La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU exige un renforcement de la FINUL, qui existe depuis 1978 et compte actuellement 2000 hommes. Ses effectifs doivent être portés à 15 000 hommes et son mandat, élargi.

En attente des renforts internationaux que l'ONU peine à rassembler, les soldats de l'armée libanaise ont repris le contrôle d'une partie du sud du Liban, jeudi, après une absence près de 40 ans.

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