Le Conseil de sécurité réuni sur le Liban
Réunis vendredi soir à New York, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont adopté à l'unanimité le projet de résolution franco-américain présenté plus tôt en journée et visant à mettre fin aux affrontements au Liban.
Les gouvernements libanais et israélien se prononcent samedi et dimanche sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU demandant un arrêt complet et immédiat des hostilités et prévoyant le déploiement de Casques bleus.
La résolution, qui prend le numéro 1701, réclame « la cessation immédiate des hostilités, basée, en particulier, sur l'arrêt immédiat de toutes les attaques du Hezbollah et de toutes les opérations militaires offensives d'Israël ».
Elle exige que l'État hébreu retire son armée du Liban-Sud « le plus tôt possible, après la cessation des hostilités », et que le mouvement chiite libère sans conditions les deux soldats israéliens dont l'enlèvement a déclenché le conflit, le 12 juillet.
Elle demande au Liban de déployer son armée dans le sud en même temps que l'armée israélienne se retire, et ce, en coordination avec le déploiement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
En outre, le texte prévoit faire passer de 2000 à 15 000 le nombre de Casques bleus de la FINUL.
Cette force, qui serait vraisemblablement dirigée par la France, verrait son mandat renforcé. Le texte stipule que la FINUL pourra « prendre toute action nécessaire » à l'accomplissement de sa mission. Elle devrait notamment superviser un arrêt total des hostilités et aider l'armée libanaise à s'assurer du contrôle du Liban-Sud. Elle devrait également avoir à garantir l'accès de l'aide humanitaire à la région.
Par ailleurs, devant l'insistance de Washington, le texte impose un embargo sur les livraisons d'armes « à toute organisation ou individu au Liban ».
Sur la question des fermes de Chebaa, occupées par Israël et revendiquées par le Hezbollah, la résolution demande au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, de travailler à des propositions de tracés fixes des frontières entre Israël, la Syrie et le Liban.
Elle appelle enfin les gouvernements libanais et israélien à étudier des solutions à long terme, notamment par la mise en place d'une zone tampon interdite aux milices dans le Sud-Liban.
Cette résolution est le résultat d'âpres négociations entre les diplomates français et américains. Une première version du texte, présentée par la France et les États-Unis le 5 août, ne prévoyait pas de retrait des troupes israéliennes. Elle avait été rejetée par le Liban.
Le secrétaire général de l'ONU a par ailleurs critiqué la lenteur du processus diplomatique pour faire cesser l'effusion de sang au Liban. Il a dit regretter que l'incapacité du Conseil de sécurité d'adopter plus tôt une résolution ait ébranlé la confiance du monde envers l'institution.
Beyrouth et Tel-Aviv acceptent
Le texte de résolution sur le Liban
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AFP/STAN HONDA
Des sources officielles libanaises ont indiqué que le gouvernement Siniora se réunira samedi pour examiner la résolution et qu'il devrait l'accepter.
De son côté, l'État hébreu a exprimé son mécontentement et sa crainte que la force internationale ne parvienne pas à désarmer le Hezbollah. Le porte-parole du gouvernement israélien, Gideon Meir, a cependant indiqué que le premier ministre Ehoud Olmert a accepté la proposition de cessez-le-feu et recommandera à son cabinet de l'entériner lors de sa réunion hebdomadaire de dimanche.
D'ici là, l'armée israélienne continuera son offensive terrestre au Liban.