La guerre au Liban dure depuis plus de trois semaines, et rien ne semble pour l'instant pouvoir arrêter les violences.
L'Organisation de la conférence islamique exige un cessez-le-feu immédiat et une enquête de l'ONU sur l'offensive israélienne. Pendant ce temps, les ambassadeurs français et américain à l'ONU tiennent des discussions bilatérales.
Réunis d'urgence en Malaisie, les pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) ont réclamé un arrêt des hostilités au Liban.
Dans une déclaration écrite, la plus grande organisation musulmane du monde exige du Conseil de sécurité de l'ONU « qu'il prenne ses responsabilités sans plus attendre dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales en décidant et en mettant en oeuvre un cessez-le-feu total, inconditionnel et immédiat ».
L'OCI exige aussi l'ouverture d'une enquête de l'ONU sur l'offensive israélienne qui, selon elle, n'est rien d'autre qu'une série « d'actes criminels ». Les pays musulmans se disent outrés de « la partialité flagrante dont fait preuve la communauté internationale » et ajoutent qu'un autre échec des tentatives de paix « peut provoquer davantage de violences et de terrorisme ».
Présent à la réunion, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en a profité pour exprimer une nouvelle fois sa haine envers Israël. Selon le président iranien, la solution au conflit du Proche-Orient est la destruction d'Israël. « Bien que la principale solution soit l'élimination du régime sioniste, à ce stade, un cessez-le-feu immédiat doit être appliqué », a-t-il dit.
M. Ahmadinejad a également appelé tous les pays musulmans à couper tous leurs liens « avec le faux et illégal régime sioniste ». Le président iranien a aussi exhorté les États musulmans à isoler les États-Unis et la Grande-Bretagne en raison de leur soutien à l'offensive militaire israélienne au Liban.
Washington et Paris continuent de négocier
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AFP/Don Emmert
De leur côté, les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU poursuivent leurs discussions pour aboutir à un projet de résolution sur le Proche-Orient.
L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Marc de La Sablière, a indiqué qu'il consacrerait l'essentiel de sa journée à des discussions bilatérales avec son homologue américain, John Bolton.
Depuis mercredi soir, la France fait circuler au Conseil de sécurité une version légèrement amendée de son projet de résolution sur le Liban.
La nouvelle version comporte trois éléments inédits qui pourraient mener à un compromis. Elle comprend premièrement le « strict respect par les deux parties de la Ligne bleue », qui marque la frontière entre Israël et le Liban, deuxièmement « qu'Israël communique aux Nations unies les cartes en sa possession des mines déposées en territoire libanais » et, finalement, « la pleine application des termes de l'accord d'armistice israélo-libanais du 23 mars 1949. »
Le reste du projet reste inchangé, soulignant « la nécessité de créer les conditions » d'une cessation immédiate des hostilités et d'une solution durable au conflit. Celles-ci incluent notamment le respect de la souveraineté territoriale des deux pays, la libération des soldats israéliens enlevés, le règlement de la question des prisonniers libanais détenus en Israël.
Le document plaide également en faveur de l'application des résolutions 1559 et 1680 de l'ONU, qui prévoient le démantèlement des milices au Liban, dont le Hezbollah, et l'exercice de l'autorité du gouvernement du Liban sur la totalité du territoire libanais.
En cas d'accord politique, le texte prévoit également le déploiement d'une force internationale.
Devant la nouvelle proposition française, les États-Unis se sont montrés optimistes. La Maison-Blanche a déclaré que les efforts diplomatiques avaient produit suffisamment de « réels progrès » pour espérer une résolution réclamant un cessez-le-feu dans les jours à venir.
Selon des sources diplomatiques à l'ONU, les pourparlers pourraient se prolonger au-delà de la fin de semaine.
Jusqu'à maintenant, les positions divergentes de la France et des États-Unis empêchent la conclusion d'un accord. Contrairement à Washington, Paris exige que le déploiement d'une force internationale soit précédé d'un cessez-le-feu et d'un accord politique global.