Après plusieurs jours de répit, l'armée israélienne a repris dans la nuit de mercredi à jeudi ses bombardements sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.
Après plusieurs jours de répit, l'aviation israélienne reprend ses raids sur la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du Hezbollah. De son côté, la milice libanaise tire un nombre record de roquettes contre l'État hébreu.
Au moins quatre explosions ont retenti à quelques minutes d'intervalle, selon des témoins. Les missiles israéliens viseraient un complexe du Hezbollah dans le quartier d'Al-Ruweis de la banlieue sud de Beyrouth.
Au même moment, des missiles israéliens ont touché une route dans la plaine de la Bekaa, au sud-est de Beyrouth, et un pont dans la région du Akkar, dans le nord du pays.
La nuit précédente, l'armée israélienne a mené son incursion terrestre en territoire libanais la plus profonde depuis le début de son offensive, le 12 juillet. De très violents combats se sont déroulés entre des commandos israéliens et des combattants du Hezbollah à Baalbeck, dans le nord-est du pays, près de la frontière syrienne.
Les affrontements ont eu lieu pendant plusieurs heures autour de l'hôpital de Dar Al-Hikma, considéré par Israël comme une base « déguisée » du Hezbollah. L'établissement, qui était vide au moment de l'attaque, a été partiellement détruit.
Des commandos israéliens héliportés, appuyés par l'artillerie et l'aviation, ont capturé cinq militants du Hezbollah et en ont tué dix autres, selon l'état-major israélien. La milice chiite a démenti que les personnes capturées étaient des combattants, évoquant notamment le cas d'un épicier de 60 ans. Dans l'autre camp, un soldat israélien est mort et quatre autres ont été blessés dans ces combats.
L'aviation israélienne a également mené plusieurs raids dans le secteur.
Un missile a atteint la maison du maire d'Al Jamalayeh, à environ un kilomètre de l'hôpital. Selon des témoins, sept membres de sa famille ont été tués dans l'attaque. Une autre famille de sept personnes a péri dans un autre raid près d'Al Jamaliyeh.
Mais les frappes israéliennes ont principalement visé la périphérie de Tyr, région frontalière d'Israël presque entièrement vidée de ses habitants.
Au cours de la journée de mercredi, l'aviation israélienne a mené plus de 60 raids sur les villages de l'est et du sud de Tyr. De son côté, la marine israélienne a tiré plus de 70 obus sur six villages du sud de Tyr. Au moins sept civils ont été tués et deux, blessés dans ces attaques.
Pluie de roquettes dans le nord d'Israël
De son côté, la milice chiite libanaise a lancé sa plus importante salve sur l'État hébreu. Dans la journée de mercredi, le Hezbollah a tiré plus de 200 roquettes sur le nord d'Israël.
Certaines de ces roquettes sont même tombées près de Beth Shéan, à 70 kilomètres de la frontière. Il s'agit de la localité israélienne la plus éloignée jamais atteinte. La capitale israélienne, Tel-Aviv, est située à seulement une trentaine de kilomètres de là.
Une roquette s'est également abattue entre deux villages de Cisjordanie, à 15 km de là. À Nahariya, une personne est morte. Il s'agit du premier tir de roquette mortel depuis plus d'une semaine. On compte également 19 blessés.
Depuis le début du conflit, les miliciens du mouvement islamiste ont tiré plus de 1700 roquettes sur le territoire israélien.
Les infrastructures du Hezbollah détruites, selon Olmert
Même si la milice chiite libanaise a lancé des roquettes plus profondément que jamais en territoire hébreu, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a affirmé mercredi que ses infrastructures étaient maintenant pratiquement détruites.
Il a répété qu'il n'y aurait pas de trêve aussi longtemps que les combattants du Hezbollah resteraient postés à la frontière, et que ses troupes ne se retireraient pas avant le déploiement d'une force internationale.
Le ministre israélien de la Justice, Haïm Ramon, a quant à lui indiqué que l'offensive israélienne au Liban se poursuivra au moins jusqu'à la fin de la semaine prochaine.
De son côté, le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, est intervenu encore une fois mercredi pour apporter son soutien au Hezbollah.
L'ayatollah a soutenu que le « Hezbollah est la première ligne de défense des peuples musulmans et des peuples de la région ». Ali Khamenei a également appelé les musulmans à résister « au loup sauvage du sionisme et aux agressions du grand satan » américain, et leur a promis un « coup de poing destructeur ».
Un conflit coûteux
Les autorités libanaises estiment que les dégâts occasionnés par les trois semaines de bombardements israéliens se chiffrent déjà à 2,5 milliards de dollars. Cette somme ne représente que les coûts de reconstruction. Il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences qu'auront les raids israéliens sur l'économie libanaise, notamment en pertes d'emplois et de revenus et sur l'industrie touristique.