
Crise au Liban
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Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a confirmé, mercredi, que le major Paeta Derek Hess-von Kruedener faisait partie des quatre observateurs de l'ONU tués mardi dans un bombardement israélien contre leur poste dans le secteur de Khiam, au Liban-Sud. Le soldat canadien faisait partie du régiment d'infanterie légère Princess Patricia et était dans la région depuis neuf mois.
Stephen Harper a souhaité que la lumière soit faite sur ce drame, ajoutant qu'il ne croyait pas qu'il s'agisse d'un geste délibéré.
Le premier ministre Harper a également indiqué que le raid israélien ne changeait en rien la position de son gouvernement vis-à-vis de l'État hébreu. Il s'est en outre interrogé sur la pertinence, pour l'ONU, d'avoir maintenu son poste d'observation à Khiam, alors qu'il n'y avait plus de cessez-le-feu.
Kofi Annan fustige l'État hébreu
![]() Photo: AFP/FILIPPO MONTEF0RTE Kofi Annan |
Les relations entre les Nations unies et Israël, déjà malmenées en raison des politiques controversées de l'État hébreu dans les territoires palestiniens et de la violence de son intervention dans le sud du Liban, se sont davantage dégradées plus tôt cette semaine.
En effet, le secrétaire général de l'organisation, Kofi Annan, s'était dit « choqué » par le bombardement israélien, qualifié « d'acte apparemment délibéré ».
Kofi Annan a rappelé que le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait pourtant assuré que les positions de l'ONU ne seraient pas visées.
Le commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), le général français Alain Pelligrini, affirme avoir averti à plusieurs reprises, mardi, des officiers israéliens de la nécessité de protéger en particulier cette position de l'ONU. De son côté, le ministère des Affaires étrangères irlandais a déclaré qu'un de ses officiers avait prévenu six fois les forces israéliennes qu'elles mettaient la vie des observateurs en danger si elles poursuivaient leurs frappes sur la ville de Khiam.
Israël réagit
L'ambassadeur israélien aux Nations unies, Dan Gillerman, s'est déclaré « choqué » par les déclarations de M. Annan. « J'ai été choqué et profondément affligé par la déclaration hâtive du secrétaire général insinuant qu'Israël a délibérément visé un poste de l'ONU à Khiam, et je suis surpris de ces affirmations prématurées et erronées », a déclaré M. Gillerman à la BBC.
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a tout de même exprimé ses « profonds regrets » et ordonné une enquête sur ce bombardement.
Kofi Annan a par la suite nuancé ses propos, insistant sur le mot « apparemment » pour expliquer qu'il n'a jamais accusé formellement les forces israéliennes d'avoir ciblé le poste de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU a aussi affirmé être satisfait des explications fournies par le premier ministre Olmert.
Malgré cet incident, Israël continuait quand même, mercredi, ses raids à proximité de postes de l'ONU dans le Liban-Sud, selon un haut responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU.
Indignation générale
Les chefs de la diplomatie d'Asie du Sud-Est se sont dits « profondément choqués et affligés par le raid », tout comme l'Union européenne, qui a demandé l'ouverture d'une « enquête complète » sans délai.
Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Chine a d'ailleurs demandé une déclaration condamnant l'attaque israélienne, mais les États-Unis se sont opposés à toute formulation un tant soit peu ferme.
Washington a qualifié l'événement d'horrible, tout en affirmant qu'il n'y avait pas de raison de croire que c'était un acte délibéré.
Les quatre observateurs tués étaient membres de l'ONUST (Organisme de l'ONU chargé de la surveillance de la trêve). Selon les services de sécurité libanais, il s'agit d'un Canadien, d'un Autrichien, d'un Finlandais et d'un Chinois.
Depuis le début de l'offensive israélienne au Liban, le 12 juillet, un employé civil travaillant avec la FINUL et son épouse ont été tués lors d'échanges de tirs entre le Hezbollah et les forces israéliennes à Tyr, dans le sud du pays. Cinq soldats de la FINUL et un observateur militaire ont également été blessés.
La FINUL a perdu 261 membres depuis 1978.
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