Kofi Annan fustige Israël

Kofi Annan Kofi Annan   © AFP/FILIPPO MONTEF0RTE

Les relations entre les Nations unies et Israël, déjà malmenées en raison des politiques controversées de l'État hébreu dans les territoires palestiniens et de la violence de son intervention dans le sud du Liban, se sont davantage dégradées.

Le secrétaire général des Nations unies dénonce l'État hébreu pour le bombardement « apparemment délibéré » d'un poste d'observation de l'ONU au Liban-Sud, Quatre observateurs, dont un Canadien, ont été tués.

En effet, le secrétaire général de l'organisation, Kofi Annan, s'est dit « choqué » et a qualifié le bombardement israélien, mardi, contre un poste d'observation de l'ONU, dans le secteur de Khiam, au Liban-Sud, « d'acte apparemment délibéré ». Le drame a coûté la vie à quatre observateurs, dont un militaire canadien.

Kofi Annan a rappelé que le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait pourtant assuré que les positions de l'ONU ne seraient pas visées.

Le commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), le général français Alain Pelligrini, affirme avoir averti à plusieurs reprises, mardi, des officiers israéliens de la nécessité de protéger en particulier cette position de l'ONU. De son côté, le ministère des Affaires étrangères Irlandais a déclaré qu'un de ses officiers avait prévenu six fois les forces israéliennes qu'elles mettaient la vie des observateurs en danger si elles poursuivaient leurs frappes sur la ville de Khiam.

Israël réagit

L'ambassadeur israélien aux Nations unies, Dan Gillerman, s'est déclaré « choqué » par les déclarations de M. Annan. « J'ai été choqué et profondément affligé par la déclaration hâtive du secrétaire général insinuant qu'Israël a délibérément visé un poste de l'ONU à Khiam, et je suis surpris de ces affirmations prématurées et erronées », a déclaré M. Gillerman à la BBC.

Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a tout de même exprimé ses « profonds regrets » et ordonné une enquête sur ce bombardement.

Kofi Annan a par la suite nuancé ses propos, insistant sur le mot « apparemment » pour expliquer qu'il n'a jamais accusé formellement les forces israéliennes d'avoir ciblé le poste de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU a aussi affirmé être satisfait des explications fournies par le premier ministre Olmert.

Malgré cet incident, Israël continuait quand même, mercredi, ses raids à proximité de postes de l'ONU dans le Liban-Sud, selon un haut responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

Indignation générale

Les chefs de la diplomatie d'Asie du sud-est se sont dit « profondément choqués et affligés par le raid », tout comme l'Union européenne, qui a demandé l'ouverture d'une « enquête complète » sans délai.

Le Conseil de sécurité de l'ONU va tenir des consultations sur cet incident. La Chine entend d'ailleurs demander une déclaration de la présidence du conseil, qui est actuellement assurée par la France, pour condamner l'attaque.

Les États-Unis ont qualifié l'événement d'horrible, tout en affirmant qu'il n'y avait pas de raison de croire que c'était un acte délibéré.

Pas un geste délibéré, estime Harper

Stepen Harper

De son côté, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a confirmé que le soldat canadien tué était le major Paeta Derek Hess-von Kruedener. Il faisait partie du régiment d'infanterie légère Princess Patricia et était dans la région depuis neuf mois.

Stephen Harper a dit souhaiter que la lumière soit faite sur ce drame, ajoutant qu'il ne croyait pas qu'il s'agisse d'un geste délibéré.

Le premier ministre Harper a également indiqué que le raid israélien ne changeait en rien la position de son gouvernement vis-à-vis de l'État hébreu. Il s'est en outre questionné sur la pertinence, pour l'ONU, d'avoir maintenu son poste d'observation à Khiam, alors qu'il n'y avait plus de cessez-le-feu.

Les quatre observateurs tués étaient membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Selon les services de sécurité libanais, il s'agit d'un Canadien, d'un Autrichien, d'un Finlandais et d'un Chinois.

Depuis le début de l'offensive israélienne au Liban, le 12 juillet, un employé civil travaillant avec la FINUL et son épouse ont été tués lors d'échanges de tirs entre le Hezbollah et les forces israéliennes à Tyr, dans le sud du pays. Cinq soldats de la FINUL et un observateur militaire ont également été blessés.

La mort des quatre observateurs porte, à 261 les pertes de la FINUL au Liban depuis 1978.

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