Le Hezbollah désavoué

Le roi d'Arabie saoudite, Abdallah Ben Abdel Aziz (archives)

Les voix continuent de s'élever partout dans le monde pour demander un apaisement dans le conflit qui oppose Israël et le Hezbollah, au Liban.

L'Arabie saoudite durcit ses critiques à l'encontre des activistes du Hezbollah et du Hamas pendant que la communauté internationale exhorte les parties à cesser leurs violences.

Lundi, l'Arabie saoudite a durement critiqué le mouvement chiite, affirmant qu'il avait permis à Israël de déclencher une guerre contre « leurs peuples ».

« Certains groupes se sont marginalisés et se sont mis à prendre seuls des décisions dont Israël a tiré parti pour mener une guerre meurtrière contre le peuple palestinien tout entier », a affirmé le gouvernement saoudien dans un communiqué.

La semaine dernière, l'Arabie saoudite avait implicitement critiqué le mouvement chiite libanais en imputant aux « éléments de l'intérieur » du Liban la responsabilité des affrontements avec Israël.

Les efforts diplomatiques se poursuivent

Kofi Annan   © AFP/Alexei Nikolsky

La délégation du secrétaire-général de l'ONU est arrivée lundi, à Jérusalem, afin de poursuivre les efforts diplomatiques. La secrétaire d'État américaine, Condoleeza Rice, a quant à elle annoncé un voyage au Moyen-Orient sous peu.

Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a rencontré lundi son homologue libanais, Fouad Siniora, à Beyrouth. Accompagné de son ministre des Affaires étrangères, M. de Villepin a exhorté les parties à observer « une trêve humanitaire immédiate ».

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a de son côté appelé les parties en conflit à cesser les hostilités afin de permettre la mise en place d'une force multinationale.

Il a ajouté qu'il voulait disposer de suffisamment « de temps et d'espace » pour s'assurer d'avoir « des soldats bien entraînés, bien équipés, pour y aller très rapidement. »

À Saint-Pétersbourg, le premier ministre britannique, Tony Blair, a renchéri sur les propos de M. Annan, soutenant lui aussi que cette force multinationale ne « pourra opérer que dans des conditions où les hostilités auront cessé ». Il a ajouté que la force multinationale envisagée serait un « contingent plus important et doté d'une mission bien plus précise » que les 2000 hommes de la mission d'observateurs des Nations Unies déjà déployés au Sud du Liban.

Bush se fait moins diplomatique

Pour sa part, le président américain, George W. Bush, a tenu des propos un peu moins diplomatiques en marge du G8. Dans des propos captés par un micro resté ouvert, M. Bush a dit au premier ministre Tony Blair que ce qu'il fallait, c'était que la Syrie persuade le Hezbollah de « cesser sa merde et tout sera fini. »

De son côté, le président français, Jacques Chirac, a officiellement réclamé la fin des bombardements israéliens au Liban de même que l'arrêt des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël dans les plus brefs délais.

Le président russe, Vladimir Poutine, a lui aussi demandé le rétablissement du calme au Proche-Orient. Il a notamment mis en garde contre un « élargissement du conflit ». Il a dit vouloir donner la priorité aux méthodes politiques et diplomatiques, avec un rôle central de l'ONU.

Les évacuations

Pendant que les violences s'intensifient, les pays mettent tout en oeuvre afin de rapatrier leurs ressortissants. La France a évacué lundi par bateau un premier groupe de 1 250 personnes et 300 autres sont arrivées à Chypre à bord d'un destroyer italien, alors que des centaines d'autres ressortissants étrangers continuaient de fuir les bombardements israéliens contre le Hezbollah au Liban. Les ressortissants français doivent ensuite être acheminés mardi par avion de Larnaca à Paris. La France a également dépêché deux navires militaires qui devraient arriver au milieu de cette semaine au large de Beyrouth.

Le Foreign Office a annoncé pour sa part que quelque 75 Britanniques avaient été héliportés lundi en direction de Chypre.

L'Allemagne a affrété un avion spécial pour rapatrier mardi plusieurs centaines de ses ressortissants. L'Espagne devrait achever mardi l'évacuation d'environ 450 personnes. Dimanche, quelque 350 personnes, essentiellement des Européens, sont arrivées à Rome. Environ 200 ressortissants allemands ont également été évacués vers la Syrie dans des convois organisés par l'ambassade d'Allemagne à Beyrouth.

Quelque 300 Suédois sont arrivés par avion à Stockholm et des milliers d'autres devraient suivre. Plus de 700 Danois ont été évacués par avion de Damas à Copenhague. Plus de 170 ressortissants norvégiens sont arrivés à Oslo à bord d'un avion charter en provenance de Damas.

Les premiers Canadiens devraient être évacués d'ici le milieu de la semaine.

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