La situation au Proche-Orient s'aggrave d'heure en heure.
Pendant qu'Israël multiplie les raids, entre autres sur Beyrouth et dans le nord, et laisse présager des attaques d'envergure sur le sud, le Hezbollah envoie des roquettes plus profondément en territoire israélien.
Dimanche, le Hezbollah a lancé une vingtaine de roquettes sur Haïfa, la troisième ville israélienne en importance, à 35 kilomètres au sud de la frontière libanaise. L'attaque a fait huit morts et des dizaines de blessés.
Il s'agit de l'attaque à la roquette la plus sanglante jamais lancée contre le pays depuis au moins 10 ans. La pluie de roquettes est tombée sur une raffinerie de pétrole, des réservoirs de gaz ainsi que sur une gare ferroviaire à une heure de grande affluence. Le Hezbollah, qui décrit ses attaques comme des représailles à la destruction par Israël d'infrastructures libanaises et la mort de civils, menace d'en perpétrer de nouvelles.
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah
Israël craint que le Hezbollah utilise maintenant des missiles importés de Syrie et de l'Iran, qui auraient une portée de plus de 100 kilomètres, pour atteindre Tel Aviv. Le gouvernement a relevé le niveau d'alerte sur son territoire, jusqu'à sa capitale économique.
« Nous ne demandons qu'à nous battre », a déclaré à la télévision le chef du mouvement chiite libanais, Hassan Nasrallah. Il a ajouté que l'offensive contre Haïfa n'était qu'un début.
En soirée, d'ailleurs, le Hezbollah a lancé d'autres roquettes sur les villes de Nazareth-Illit et de Givat Hella, près du lac de Tibériade, en Haute Galilée, à quelque 40 kilomètres au sud de la frontière libanaise.
Israël prêt à tout
Le premier ministre israélien Ehoud Olmert
« Rien ne nous empêchera d'atteindre nos objectifs », a répondu, sur un ton de défi, le premier ministre israélien Ehoud Olmert. Israël a appelé les habitants du sud du Liban à fuire vers le nord du pays.
L'armée israélienne a continué à répandre ses bombes à plusieurs endroits au Liban. D'abord sur les villes de Tyr, Nabatiyé et Aïtaroun, dans le sud du pays, où elles ont fait quelque 40 morts, dont 7 ressortissants canadiens, et des dizaines de blessés.
Les raids ont rasé et réduit en poussière le quartier chiite du sud de Beyrouth, où se trouvait la permanence du Hezbollah. Au sud de Beyrouth, les bombes ont touché une centrale de production d'électricité. Les rues de la capitale, maintenant privée au moins partiellement de courant, sont désertées.
L'armée israélienne a attaqué une piste l'aéroport de Beyrouth, faisant 6 morts et 20 blessés de plus. L'un des missiles lancés a défoncé du même coup le toit du tunnel reliant Beyrouth au sud du Liban. Les militaires ont visé les ponts reliant la capitale à sa banlieue sud.
La ville de Baalbeck, un autre bastion du Hezbollah dans l'est du Liban, a aussi été frappée par neuf raids, dans la nuit de dimanche à lundi. L'aviation israélienne a également visé une base militaire au nord de Tripoli, sur la côte. Ces attaques ont fait au moins 17 autres morts, dont 9 soldats libanais, et 40 blessés.
Le dernier bilan de l'offensive israélienne depuis ses débuts, mercredi, fait état de la mort de plus de 150 civils libanais, en plus d'environ 350 blessés. Le gouvernement libanais évalue les pertes à environ un demi-million de dollars américains.
Douze Israéliens ont été tués dans les tirs de roquettes et des dizaines de personnes ont été blessées. Neuf soldats ont aussi été tués, et trois autres sont toujours portés disparus, selon l'armée israélienne.
Par l'intermédiaire de l'Italie, Israël a par ailleurs transmis aux autorités libanaises, dimanche, ses conditions pour un cessez-le-feu avec le Hezbollah. L'État hébreu exige la libération des deux soldats enlevés la semaine dernière et réclame le retrait du Hezbollah de la zone frontalière libanaise. Le Guide suprême de la révolution iranienne, l'Ayatollah Ali Khamenei a pour sa part affirmé qu'il était hors de question que le Hezbollah libanais, un mouvement pro-Iran, rende les armes.
Une délégation de l'ONU dépêchée à Beyrouth pour s'entretenir avec le premier ministre Fouad Siniora et négocier un cessez-le-feu, a lancé un appel à l'arrêt des hostilités, à la protection des civils et à la libération des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah le 12 juillet dernier.
Dans la nuit de samedi à dimanche, à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu à se mettre d'accord sur un texte demandant un cessez-le-feu au Liban, comme le réclamaient le Liban et les pays arabes. Le Conseil de sécurité doit reprendre ses consultations lundi.
L'État hébreu a lancé son offensive après la capture de deux de ses militaires par des membres du Hezbollah qui avaient franchi la frontière libano-israélienne.