L'Iran met en garde Tel-Aviv

Ahmadinejad-Mahmoud Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (archives)

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a averti Israël qu'une attaque contre la Syrie serait considérée comme une agression à l'encontre du monde musulman tout entier et provoquerait une réaction sévère.

Le président Ahmadinejad avertit qu'une attaque contre la Syrie serait considérée comme une agression contre le monde musulman tout entier. De leur côté, les États-Unis expriment leur soutien à Israël, mais appellent l'État hébreu à faire preuve de retenue.

« Si le régime occupant de Jérusalem attaque la Syrie, cela serait équivalent à une attaque contre l'ensemble du monde musulman et le régime (d'Israël) fera face à une réponse écrasante », a déclaré le président Ahmadinejad lors d'une conversation téléphonique avec son homologue syrien Bachar el-Assad, selon l'agence de presse officielle iranienne INRA.

Le chef de l'État iranien a également appelé les pays musulmans à faire front uni contre l'État hébreu. « Le monde musulman, spécialement les pays de cette région, a besoin de plus d'unité et d'intégrité, particulièrement dans le contexte du Liban et de la Palestine », a-t-il affirmé.

L'Iran et la Syrie sont considérés comme les principaux commanditaires du mouvement chiite Hezbollah, qui a procédé à la capture des deux soldats israéliens à l'origine de l'offensive israélienne en territoire libanais.

La plupart des gouvernements arabes de la région ont fait preuve de davantage de retenue dans leur réactions à l'offensive israélienne. Ils ont condamné les attaques contre les civils et les infrastructures du Liban, mais ont également critiqué implicitement le Hezbollah.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent se réunir samedi au Caire, en Égypte.

Washington soutient Israël, mais appelle à la retenue

George W. Bush, président des États-Unis George W. Bush (archives)

De leur côté, les États-Unis ont manifesté leur soutien à Israël, accusant la Syrie d'être responsable de l'escalade du conflit au Proche-Orient. Mais Washington a tout de même demandé à l'État hébreu de faire preuve de retenue dans son offensive au Liban.

« Israël a le droit de se défendre », a déclaré jeudi le président américain George W. Bush, actuellement en visite officielle en Allemagne. Mais « quoi que fasse Israël, cela ne doit pas affaiblir » le gouvernement libanais de Fouad Siniora, a-t-il ajouté.

M. Bush a montré du doigt la Syrie qui est suspectée, avec l'Iran, d'avoir orchestré l'enlèvement des deux soldats israéliens. « La Syrie devra rendre des comptes », a mis en garde le président américain.

« Cela n'aide pas de spéculer sur des sortes de scénarios apocalyptiques », a déclaré quelques heures plus tard la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice. « Nous continuons seulement de demander aux Israéliens d'exercer de la retenue, de s'inquiéter des victimes civiles et, bien sûr, des infrastructures civiles », a-t-elle ajouté.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l'ONU (archives)

Le Conseil de sécurité des Nations unies a convoqué pour vendredi une réunion d'urgence sur la situation au Liban, à la demande de la représentation libanaise aux Nations unies.

Le secrétaire général de l'ONU a aussi annoncé jeudi l'envoi d'une délégation de haut niveau au Proche-Orient. Kofi Annan, a « condamné sans réserve » l'offensive israélienne au Liban, tout en demandant la « libération immédiate » des deux soldats israéliens.

La Commission européenne s'est pour sa part déclarée « choquée par l'envergure de la violence des deux côtés ». La France et la Russie ont dénoncé l'offensive israélienne, Paris jugeant qu'il s'agissait d'une « action de guerre disproportionnée ».

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