Israël intensifie ses attaques

L'aéroport de Beyrouth a été bombardé à deux reprises.   © AFP/Anmar Amro

Le premier ministre israélien Ehud Olmert a ordonné vendredi une intensification des opérations israéliennes au Liban en représailles à la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah libanais, a rapporté la radio de l'armée.

L'armée israélienne bombarde les banlieues sud de Beyrouth et, pour la première fois, des cibles situées à la frontière syrienne. La route menant de Beyrouth à Damas est endommagée.

Cette décision a été prise lors d'une réunion des chefs des services de sécurité israéliens.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'aviation israélienne a bombardé un pont dans les faubourgs sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah, et des dépôts de carburant de la centrale électrique de Jiyyeh, également dans le sud de la capitale libanaise. La DCA libanaise a répliqué. Il y aurait deux morts et 50 blessés, selon un bilan provisoire.

L'aviation israélienne a également pilonné la route menant de Beyrouth, au Liban, à Damas, en Syrie. Les neuf raids israéliens ont détruit quatre ponts sur un tronçon de 20 kilomètres, empêchant désormais le recours à cette voie rapide.

Des Chiites quittent leur demeure après des bombardements israéliens Des Chiites quittent leur demeure après des bombardements israéliens   © AFP/Joseph Barrak

Selon un premier bilan officiel, trois personnes ont été blessées dans ces bombardements.

Dans la journée de jeudi, cette route a été empruntée par des milliers de touristes, de travailleurs étrangers et de Libanais qui voulaient quitter le Liban, via la Syrie.

Il s'agit des premiers raids israéliens dans cette région du Liban depuis le début de l'offensive lancée Tsahal, mercredi. Au total, 21 ponts reliant différentes régions du sud du Liban au reste du pays ont été bombardés par Israël.

Toujours dans la nuit de jeudi à vendredi, l'aviation israélienne a également bombardé pour la première fois des intérêts du Hezbollah près de la ville de Hermel, dans l'est du Liban, à la frontière syrienne. Les positions du mouvement chiite dans le sud du pays sont pilonnées depuis le début de l'offensive israélienne.

Site libanais ciblé par l'armée israélienne Site libanais ciblé par l'armée israélienne

Durant la journée, l'aviation israélienne a bombardé la télévision du Hezbollah et, à deux reprises, l'aéroport international de Beyrouth, ce qui a interrompu le trafic aérien. Tel-Aviv prétend que l'aéroport sert au transfert d'armes destinées au mouvement chiite.

Pendant ce temps, la marine israélienne a pénétré dans les eaux territoriales libanaises.

L'armée israélienne a annoncé qu'elle entendait imposer « un blocus aérien, maritime et terrestre au Liban jusqu'à nouvel ordre dans le cadre de ses opérations menées pour récupérer ses deux soldats ».

Les opérations israéliennes en territoire libanais ont jusqu'à présent causé la mort d'au moins 55 civils, dont deux Koweïtiens, quatre Brésiliens, une Asiatique et une quinzaine d'enfants. On compte également plus d'une centaine de blessés.

On n'avait pas vu de tels bombardements au Liban depuis l'invasion israélienne en 1982.

Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a déclaré que son pays voulait « briser » le Hezbollah. Tel-Aviv accuse l'Iran et la Syrie d'être responsables de l'escalade de la violence au Liban, et soutient que le mouvement chiite veut transférer les deux soldats kidnappés vers l'Iran.

Haïfa ciblée, le Hezbollah dément

Nahariya, Israël Une roquette du Hezbollah a atteint la localité israélienne de Nahariya.   © AFP/Yoav Lemmer

De son côté, le Hezbollah aurait tiré une centaine de roquettes contre une vingtaine de localités du nord d'Israël. Trois civils israéliens ont été tués, et une cinquantaine ont été blessés. Un militant du mouvement chiite a aussi été tué lors d'un raid.

Le mouvement chiite a menacé de bombarder Haïfa, troisième ville d'Israël et principal centre industriel du pays, si Beyrouth ou sa banlieue sud étaient pris pour cible par des tirs israéliens.

Selon un porte-parole de l'armée israélienne, deux roquettes Katioucha tirées à partir du Liban se sont abattues sur la banlieue de cette ville de 275 000 habitants, située à une quarantaine de kilomètres au sud de la frontière israélo-libanaise. Mais le Hezbollah a nié être responsable de cette attaque sur Haïfa, qui n'a pas fait de victime.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah

Le Hezbollah, qui est allié au Hamas palestinien et appuyé par la Syrie et l'Iran, a annoncé vouloir échanger les otages contre des détenus en Israël, sans préciser lesquels. Selon son chef, Hassan Nasrallah, ceci pourrait ouvrir la porte à la libération du soldat israélien capturé le 25 juin par un commando palestinien.

Le gouvernement libanais s'est dissocié des actions du Hezbollah. Il a réclamé un « cessez-le-feu immédiat » et une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

La position du Cabinet, issu des élections libres de mai 2005, a fait l'objet de réserves de la part des ministres du Hezbollah, minoritaires devant la majorité antisyrienne, accentuant les dissensions au sommet du pouvoir. En effet, le président libanais prosyrien Emile Lahoud a renouvelé son appui au parti chiite, seule faction libanaise demeurée armée après les accords de paix mettant fin à la guerre civile.

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