Des avions israéliens survolent la Syrie

Raid aérien israélien en Syrie

Plusieurs avions israéliens ont survolé la résidence d'été du président syrien Bachar Al-Assad, à Latakieh, dans le nord-ouest du pays, mercredi.

L'armée israélienne fait pression sur le président syrien pour qu'il intervienne auprès du Hamas afin de faire libérer le caporal Shalit, enlevé dimanche par un commando palestinien. Plus tôt, elle a mené une offensive dans la bande de Gaza.

L'armée israélienne a indiqué que l'opération visait à faire pression sur le dirigeant syrien pour qu'il intervienne auprès de la direction du Hamas en exil afin de faire libérer le militaire israélien enlevé dimanche par un commando palestinien.

Selon Damas, la défense aérienne syrienne a contraint les avions à évacuer son espace aérien en « ripostant » à l'opération israélienne.

De son côté, la télévision israélienne a parlé de quatre avions qui ont pris part à ce raid, précisant que le président syrien se trouvait dans cette résidence et qu'aucun missile n'avait été tiré contre les appareils.

Une partie de la direction du Hamas vit en exil en Syrie, notamment le chef de son bureau politique, Khaled Machaal, accusé par Israël d'être le commanditaire de l'enlèvement du soldat Shalit.

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, avait récemment évoqué la possibilité d'une attaque contre des chefs du mouvement islamiste en Syrie.

Commentant l'incursion israélienne en territoire syrien, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a appelé les parties à « prendre des mesures de désescalade » et à s'abstenir de tout acte pouvant aggraver la situation.

Offensive dans la bande de Gaza

Destruction d'un pont par l'armée israélienne à Gaza Un des ponts détruits par l'armée israélienne   © AFP/Hatem Moussa

Plus tôt, des chars et des transporteurs de troupes blindés israéliens sont entrés, avant l'aube, dans le sud de la bande de Gaza, pour prendre position dans l'ancien aéroport international désaffecté de Gaza.

L'opération baptisée « Pluie d'été », conçue pour récupérer le caporal Shalit, a été précédée de bombardements aériens contre trois ponts et d'importants échanges de tirs entre belligérants. Un hélicoptère israélien a également ouvert le feu sur l'unique centrale électrique de la bande de Gaza, privant de courant une bonne partie de ses habitants. Un camp d'entraînement du Hamas situé dans une ancienne colonie a aussi été victime de tirs de missiles. Aucun des deux camps n'a signalé de victimes pour le moment.

Dans une première déclaration depuis le début de l'opération, le premier ministre israélien Ehoud Olmert a affirmé que l'action militaire se poursuivrait dans les prochains jours, tant que la libération du caporal Shalit n'aurait pas été obtenue. Il a exclu d'emblée la possibilité de négocier avec ses ravisseurs.

Le caporal Shalit, qui possède aussi la nationalité française, a été emmené dimanche dans la bande de Gaza par un commando palestinien qui a tué deux soldats israéliens lors de l'enlèvement.

Incendie d'une centrale électrique à Gaza, provoqué par un bombardement israélien Centrale électrique de Gaza

Ehoud Olmert a précisé que son pays n'avait aucune intention de reprendre la bande de Gaza, rendue l'an dernier aux Palestiniens par son prédécesseur après une occupation de 38 ans, mais qu'il n'hésiterait pas à « user de moyens extrêmes » pour arriver à ses fins. Le premier ministre affirme ne pas vouloir porter atteinte à la population palestinienne et tient le gouvernement du Hamas comme responsable de la situation.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a condamné l'offensive militaire israélienne, la qualifiant de « punition collective contre le peuple palestinien » pour l'oeuvre d'un petit groupe. Il a demandé au quartette responsable de la Feuille de route (États-Unis, Russie, ONU et Union européenne) d'intervenir avant que la situation ne dégénère.

Le gouvernement palestinien issu du Hamas a, de son côté, décrié l'opération « Pluie d'été » comme étant injustifiée et risquant de mener à une escalade de la violence. Le vice-premier ministre du Hamas, Nassereddine Al-Chaer, a soutenu que la vie du soldat dépendait de la décision que prendrait le gouvernement israélien de poursuivre ou de cesser son offensive, tout en appelant les ravisseurs du caporal Shalit à ne pas exécuter leur otage.

Le gouvernement du Hamas entend par ailleurs demander à la communauté internationale et au Conseil de sécurité de l'ONU d'arrêter l'escalade israélienne pour préserver la vie des Palestiniens.

L'Union européenne a pour sa part exhorté Palestiniens et Israéliens à « reculer du bord du précipice » afin d'éviter une crise majeure. Elle avait enjoint un peu plus tôt par voie de communiqué à la direction palestinienne d'obtenir la libération du soldat palestinien.

Quant à la Maison-Blanche, elle a affirmé son soutien à l'offensive de l'armée israélienne, estimant qu'« Israël avait le droit de se défendre » et rendant le Hamas responsable de l'escalade actuelle.

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