Tarek Aziz témoigne

Tarek Aziz

Au procès de Saddam Hussein, devant le Haut Tribunal pénal irakien, l'ancien vice-premier ministre, Tarek Aziz, a témoigné en faveur de l'ancien président Saddam Hussein.

Le premier témoin de la défense à comparaître a déclaré, d'entrée de jeu, qu'il n'était pas impliqué dans le massacre de villageois chiites dans la ville de Doujaïl en 1982, raison pour laquelle est jugé Saddam Hussein.

Le raïs et trois anciens dignitaires sont accusés de crimes contre l'humanité pour avoir ordonné des représailles sanglantes contre quelque 140 chiites du village de Doujaïl, après un attentat contre Saddam Hussein, en 1982.

M. Aziz a déclaré qu'il n'avait « rien à voir avec l'affaire de Doujaïl ».

Il a, par ailleurs, ajouté qu'il était normal pour un chef d'État de punir les responsables d'attentats contre sa vie.

Dans son témoignage, M. Aziz a replacé l'attentat dans son contexte historique. Selon lui, la tentative d'assassinat contre Saddam Hussein a eu lieu à un moment de fortes tensions entre le régime laïque irakien et la République islamique d'Iran, qui voulait exporter sa révolution.

« Cet attentat fait partie d'une série de tentatives d'assassinats de responsables qui a commencé en 1978 et j'ai été la cible de l'une d'entre elles », a-t-il déclaré.

M. Aziz faisait référence à la tentative d'assassinat dont il a été victime en 1980. Il était alors ministre de la Culture. Cet attentat a été également attribué à l'Iran.

« J'ai été victime d'actes criminels commis par un parti actuellement au pouvoir. Jugez-les. Ils ont tué des dizaines d'étudiants », a lancé Tarek Aziz au juge. Selon le témoin, le parti Daoua dont est issu l'actuel premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, avait tenté à l'époque de les tuer, lui et Saddam Hussein.

Tarek Aziz a également défendu Barzan al-Tikriti, le demi-frère de Saddam Hussein et responsable des services de renseignements, et Taha Yassine Ramadan, l'ancien vice-président. Il a déclaré que ces deux hauts responsables du régime n'étaient pas impliqués dans cette l'affaire du village de Doujaïl.

L'ancien vice-premier ministre s'est présenté au tribunal en pyjama et visiblement amaigri. Selon sa famille, qui a demandé sa libération à plusieurs reprises, il serait gravement malade.

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