
Conférence de Bonn
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La ministre de l'Environnement du Canada, Rona Ambrose, a été froidement accueillie à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, lundi, à Bonn, en Allemagne.
Près de 400 organisations non gouvernementales (ONG), dont Les amis de la terre et le Fonds mondial pour la nature (WWF), ont demandé sa démission de la présidence de la conférence. La demande est venue du Réseau action climat, un organisme international qui représente les ONG.
Les organismes estiment que le Canada ne peut pas présider des négociations sur le protocole de Kyoto puisqu'il refuse de le respecter. De son côté, la ministre Ambrose a répété qu'il était impossible pour le Canada de respecter ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
Son homologue de l'Allemagne, Sigmar Gabriel, veut néanmoins persuader Ottawa de revoir sa position. « Nous voulons convaincre nos collègues du Canada que cet engagement [envers Kyoto] est nécessaire pour cette conférence, comme pour la prochaine, si on veut affronter le problème du changement climatique », a-t-il dit.
L'accord de Kyoto veut réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada à 6 % sous le niveau de 1990. Ottawa doit présenter à l'automne son propre plan de réduction des gaz à effet de serre.
Le débat se transporte aux Communes
![]() Stephen Harper |
À Ottawa, l'opposition libérale a également dénoncé la présence de Mme Ambrose à la présidence de la Conférence.
Le premier ministre Stephen Harper a répliqué en accusant les libéraux d'hypocrisie, puisque les gaz à effet de serre ont augmenté de 35 % pendant qu'ils étaient au pouvoir, et ce, même s'ils ont ratifié l'accord de Kyoto.
Il a ajouté que Mme Ambrose travaillait à modifier l'accord environnemental et qu'il serait irresponsable de quitter les discussions.
Les pays riches invités à montrer l'exemple
Le Canada a accédé à la présidence de Bonn lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Montréal, en décembre dernier. L'ancien ministre libéral de l'Environnement, Stéphane Dion, avait joué un rôle important pour rapprocher les pays signataires du protocole de Kyoto.
Les quelque 160 pays signataires de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (CCNUCC) sont tous représentés à Bonn, qui doit jeter les bases de l'entente qui prendra le relais de Kyoto après 2012.
Les pays en développement devraient exhorter les pays plus riches à montrer l'exemple en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils font valoir que les pays du Nord sont les plus grands responsables du réchauffement climatique depuis la révolution industrielle.
« Les pays en développement attendent des pays industrialisés qu'ils jouent un véritable rôle moteur dans les efforts pour limiter les émissions avant qu'ils n'acceptent eux-mêmes des objectifs contraignants », a déclaré Richard Kinley, secrétaire par intérim de la Convention-cadre de l'ONU.
Après ce sommet de deux jours, les pays soutenant le protocole de Kyoto se retrouveront du 17 au 25 mai pour des discussions préliminaires sur l'extension du champ du protocole au-delà de 2012. Ces négociations dureront probablement plusieurs années.