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En profondeur

Le processus politique

Mise à jour le mardi 23 mai 2006 à 10 h 39
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Le processus politique

Le nouveau Parlement

Le premier ministre de transition, Ibrahim Al-Jaafari

En décembre 2005, les Irakiens vont aux urnes pour la troisième fois de l'année. Ils doivent cette fois-ci élire une nouvelle Assemblée nationale, qui exercera un mandat de quatre ans, pour remplacer l'instance de transition élue quelques mois plus tôt.

L'Alliance irakienne unifiée (AIU), la coalition des partis chiites, arrive de nouveau en tête, mais perd sa majorité absolue, récoltant 128 des 275 sièges (voir Les chiites conservateurs au pouvoir). L'un des grands perdants de ce scrutin est l'ex-premier ministre de transition Iyad Allawi, qui voit son bloc fondre de 40 à 25 sièges. Conformément à la Constitution, 70 femmes, soit le quart des députés, siègent dans le nouveau Parlement.

Rapidement, les tractations sur la formation d'un gouvernement de coalition, qui doit inclure des membres des principaux partis chiites, sunnites et kurdes s'amorcent. Devant l'échec des pourparlers, la réunion du Parlement est reportée à plusieurs reprises.

L'impasse réside principalement dans la candidature du premier ministre de transition, Ibrahim Jaafari, un chiite. Chef de file de Dawa, l'un des principaux partis de l'AIU, il est contesté par les sunnites, les Kurdes et même par une partie des chiites, dont le très influent ayatollah Ali Sistani.

Son désistement, en avril 2006, permet de dénouer la crise. Quelques jours plus tard, les députés peuvent enfin se réunir pour choisir leurs dirigeants, ce qu'ils font en respectant l'équilibre ethnique de la nation. (voir Le processus politique est relancé)

Le président irakien, Djalal Talabani

Photo: AFP/SAFIN HAMED

Le président Talabani

Ils choisissent alors comme président du Parlement le député sunnite Mahmoud Machhadani, du Front de la concorde. Ils reconduisent en outre le Kurde Djalal Talabani, de l'Union patriotique kurde (UPK), à la présidence de la République irakienne, à qui ils adjoignent le sunnite Tarek Al-Hachémi et le chiite Adel Abdel Mehdi comme vice-présidents.

Le président Talabani désigne le chiite Nouri Maliki au poste de premier ministre. Ce dernier dispose de 30 jours pour former un cabinet. Deux jours avant l'échéance, le Parlement irakien accorde sa confiance au gouvernement d'union nationale formé par le premier ministre. (voir Irak: le nouveau gouvernement investi)

Mais les difficultés des tractations entre les listes sunnites et chiites ont forcé ce dernier à présenter une formation incomplète. Trois des principaux portefeuilles sont dirigés par intérim par le premier ministre et ses adjoints: M. Maliki assume les fonctions de ministre de l'Intérieur, le sunnite Salam al-Zobaïe celui de la Défense et le Kurde Barham Saleh celui de la Sécurité nationale.


Composition du Parlement
  • Alliance irakienne unifiée: 128 sièges
    Principale force politique du pays, la liste de l'AIU comprend 18 groupes chiites. Elle est toutefois dominée par trois formations: le parti Dawa du premier ministre Maliki, le Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII), un parti pro-iranien dirigé par Abdelaziz Hakim, et le mouvement nationaliste Sadr, fidèle à l'imam radical Moktada Sadr.
  • Liste de coalition du Kurdistan: 53 sièges
    Ce bloc laïc est formé des deux principaux partis kurdes, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) du président Djalal Talabani et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, président de la province kurde irakienne.
  • Front irakien de la concorde: 44 sièges
    Le principal bloc politique sunnite réunit trois formations: la première en importance, le Parti islamique irakien, dirigé par Adnan Doulaïmi et Tarel Al-Hachémi, le Dialogue national irakien et la Conférence générale pour le peuple d'Irak.
  • Liste nationale irakienne: 25 sièges
    Il s'agit d'une liste laïque dirigée Iyad Allaoui, premier premier ministre de l'après-Saddam, qui regroupe 15 partis de confessions différentes, dont le Parti communiste irakien, de même que des chefs tribaux et des imams chiites libéraux.
  • Front irakien pour le dialogue national: 11 sièges
    La liste, qui comprend des sunnites opposés au gouvernement, est dirigée par Saleh Al-Moutlak, une figure controversée.
  • Autres partis: 14 sièges
    • L'Union islamique du Kurdistan, troisième parti kurde (5 sièges), prône la charia dans la province.
    • Le Bloc de libération et de réconciliation a fait élire 3 députés.
    • Le Risaliyoun, liste islamiste chiite constituée par des fidèles de Moktada Al-Sadr, compte 2 sièges.
    • Le Parti de l'oumma, du responsable sunnite laïque Mithal al-Aloussi, dispose de 1 siège, tout comme le Front turkmène irakien, le Mouvement yazidi pour la réforme et la Liste rafidain, qui représente les minorités chrétiennes chaldéennes et assyriennes.