Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

La violence au quotidien

Mise à jour le mercredi 10 mai 2006 à 17 h 53
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La violence au quotidien

Al-Qaïda et les autres

Des insurgés exhibent des pièces d'un engin américain détruit dans les combats.

Il existerait en Irak une quarantaine de groupes armés dont les forces sont évaluées, au minimum, à 30 000 hommes. Les services de renseignement irakiens ont même évoqué le chiffre de 200 000.

Ces groupes ont souvent peu en commun. Les uns veulent instaurer une théocratie, les autres sont motivés par l'appât du gain, une ferveur nationaliste ou par la simple vengeance. Géographiquement, le centre de l'Irak, majoritairement habité par les sunnites, est vu comme le coeur de l'insurrection.

Washington insiste sur la présence de combattants étrangers en Irak, notamment au sein d'Al-Qaïda. Mais, selon les estimations du représentant démocrate de Pennsylvanie John Murtha, membre important de la sous-commission de la Chambre des représentants chargée du financement de la défense, « les étrangers ne représentent que 7 % des effectifs de l'insurrection » (17 novembre 2005).

Abou Moussab Al-Zarqaoui

Le groupe d'insurgés le plus meurtrier est sans contredit la branche irakienne d'Al-Qaïda, dirigée par Abou Moussab Al-Zarqaoui jusqu'à ce que ce dernier soit abattu lors d'un raid aérien des forces américaines, le 7 juin 2006. Son action, qui vise autant la majorité chiite que les troupes multinationales et les forces de sécurité irakiennes, est surtout caractérisée par des enlèvements, des attaques simultanées et le meurtre d'étrangers.

L'organisation a revendiqué nombre d'attentats à la bombe et de décapitations. Alors connue sous le nom de Tawhid Wal Djihad (Unicité de Dieu et guerre sainte), elle s'est d'ailleurs fait connaître par la décapitation enregistrée sur vidéo, et diffusée sur un site web islamiste, de l'Américain Nicholas Berg, en mai 2004. La visibilité du réseau tient du reste grandement à l'exploitation qu'il fait d'Internet.

Selon les États-Unis et des sources près du gouvernement irakien, l'organisation aurait recruté plusieurs étrangers. Le Centre for Strategic and International Studies estime la présence étrangère (essentiellement des combattants d'origine algérienne, syrienne, yémenite et soudanaise) au sein de ce groupe à tout au plus 10 %.

L'Armée du Mehdi

Moqtada Sadr (archives)

Impliquée dans plusieurs confrontations avec les forces de la coalition multinationale, l'Armée du Mehdi est dirigée par l'imam radical Moqtada Sadr. L'une d'entre elles s'est déroulée à Najaf, en août 2004, quand la ville a été pendant près de trois semaines le théâtre de violents combats entre les soldats américains et ses miliciens, retranchés dans le mausolée d'Ali.

En octobre de la même année, l'organisation a officiellement cessé les affrontements avec les troupes de la coalition pour jouer un rôle plus actif dans les institutions démocratiques.


Le recours aux armes n'est par ailleurs pas l'apanage des insurgés: 11 partis politiques ont leur propre milice. Et, malgré la stabilité qui règne dans les provinces du nord de l'Irak, il reste que 70 000 combattants kurdes y sont toujours présents.