
![]() |
Le 20 mars 2003, les forces américaines, britanniques et australiennes lancent leurs opérations militaires d'envergure en Irak dans le cadre d'une opération baptisée « Iraqi Freedom » (Liberté irakienne). Trois semaines plus tard, le régime de Bagdad s'écroule.
Déjà, le 1er mai, le président américain, George W. Bush, annonce la « fin des opérations de combat en Irak » devant une banderole affirmant « Mission accomplie ». Depuis, l'Irak est pourtant devenu, au mieux, un défi de taille et, au pire, un véritable bourbier pour les forces de la coalition.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne, principale alliée des États-Unis dans cette campagne militaire, ont notamment justifié l'invasion de l'Irak par la présence d'armes de destruction massive (ADM). En septembre 2002, Londres a même publié un dossier sur le programme d'armement irakien: le document affirmait que Saddam Hussein était en mesure d'utiliser des armes de destruction massive dans un délai de 45 minutes. Or, les inspections menées après l'invasion en Irak n'ont jamais révélé l'existence de telles armes.
Quant à Abou Moussab Al-Zarqaoui, présenté comme le lien entre le régime de Saddam Hussein et le réseau Al-Qaïda, la CIA a par la suite reconnu qu'il n'existait, alors du moins, aucune « preuve concluante » de leur complicité.
Une coalition d'une vingtaine de pays
L'Irak est divisé en six zones de responsabilités principales : Bagdad, nord, ouest, centre sud, sud-est, région d'Anaconda. Les unités correspondantes se rapportent au corps multinational, commandé par les États-Unis.
![]() Des soldats polonais en Irak |
La coalition regroupe 28 autres pays, en incluant les États-Unis, et compte plus de 130 000 soldats. Les pays fournissent une aide allant des troupes ou de la main d'oeuvre civile (ingénieurs, médecins, etc.) au soutien logistique en passant par le matériel militaire. Les forces de sécurité irakiennes, qui regroupent plus de 200 000 hommes, participent aussi aux opérations.
Sept pays se sont désengagés de la coalition. (Espagne, Honduras, République dominicaine, Norvège, Nouvelle-Zélande, Thaïlande et Hongrie), et plusieurs autres ont indiqué qu'ils réduiraient leurs troupes.
En mars 2006, la Grande-Bretagne, deuxième contingent en importance après les États-Unis, a annoncé qu'elle réduirait ses effectifs de 800 pour les porter à 7000. L'alignement de Tony Blair derrière George W. Bush sur la question irakienne a suscité de vives critiques au sein de l'opinion publique britannique.
| Pays membres de la coalition aux côtés des États-Unis | ||
À quand un retrait progressif des États-Unis?
Selon un sondage de mai 2006, moins de 40 % des Américains croient que la guerre en Irak était justifiée, alors qu'ils se rangeaient massivement derrière leur président lors de l'invasion de l'Irak, en mars 2003. Pire encore: deux Américains sur trois ont peu ou pas confiance en George W. Bush pour achever avec succès la guerre en Irak. Le décès de plus de 2400 soldats américains n'est certes pas étranger à ce renversement d'opinion.
![]() |
Les coûts élevés ont certainement aussi un impact sur l'opinion publique: le Pentagone affirme que la guerre coûte 4,5 milliards américains par mois (excluant l'équipement militaire et les coûts reliés aux pertes humaines). En date du 10 mai 2006, le site National Priorities Project estimait les coûts totaux à plus de 279 milliards de dollars américains.
Selon une étude menée notamment par le Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz, une guerre menée jusqu'en 2010 pourrait atteindre 2000 milliards de dollars américains, incluant les dépenses reliées aux morts et aux blessés (voir Guerre en Irak: les coûts largement sous-évalués).
Le débat sur le retrait progressif des troupes américaines se fait de plus en plus vif au sein de la population et de la classe politique des États-Unis. Un spécialiste des questions militaires à la Brookings Institution, Michael O'Hanlon, fait valoir que maintenir l'engagement actuel des troupes implique qu'en 2007-2008, certains militaires en seront à leur quatrième ou cinquième période de service, « ce qui pourrait avoir de sérieuses conséquences sur le moral et le niveau de compétence ».
Malgré tout, le président Bush assure que les États-Unis termineront leur mission. « Lorsque nos commandants sur le terrain me diront que les forces irakiennes sont en mesure de défendre leur liberté, nos troupes rentreront [...] », a-t-il déclaré en novembre 2005.
À l'hiver 2005, un article de la revue Atlantic Monthly (cité par le Courrier international) rapportait que des équipes américaines d'inspection qui se sont rendues sur place ont conclu à l'insuffisance de préparation des unités irakiennes. Sur 115 bataillons policiers et militaires, seules trois unités ont été jugées « pleinement capables » d'opérer sans assistance.
| Des images qui minent la crédibilité de la force multinationale ![]() Le scandale d'Abou Ghraïb éclate en avril 2004, lorsqu'une série de photos montre des soldats américains torturant des prisonniers irakiens. Washington a par la suite confirmé l'existence de plusieurs autres photos et vidéos similaires. Quelques semaines plus tard, la Grande-Bretagne a elle aussi été montrée du doigt lorsque le quotidien Daily Mirror a publié des photos de militaires britanniques humiliant des prisonniers.
Cette affaire soulève plusieurs questions sur les conditions de détention et sur les méthodes d'interrogatoire. L'origine de ces ordres dans la chaîne de commandement reste en outre un point obscur. |