Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Qui est qui?

Mise à jour le mercredi 10 mai 2006 à 17 h 39
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Qui est qui?

Djalal Talabani (kurde): président de la République irakienne

Jalal Talabani

Le président Jalal Talabani (archives)

Djalal Talabani est le premier président non arabe d'un État arabe. Le 22 avril 2005, le Parlement l'a reconduit dans ses fonctions, qu'il exerçait de façon intérimaire. Il est à la tête de l'Union patriotique kurde (UPK), un des deux principaux partis kurdes. Même s'il occupe un poste essentiellement honorifique, celui à qui l'on reconnaît des talents de diplomate est un acteur important de l'après-Saddam Hussein.

En avril 2006, il a notamment joué un rôle clé dans le désistement du premier ministre Ibrahim Jaafari, qui a permis de dénouer l'impasse politique qui paralysait l'Irak depuis quatre mois. Âgé de 73 ans, il a consacré la plus grande partie de sa vie à défendre la cause kurde et à combattre les régimes coloniaux et dictatoriaux qui se sont succédé en Irak. Réputé pour être de gauche, il a également lutté pour l'abolition des pratiques féodales tribales dans sa communauté.

Nouri Maliki (chiite): premier ministre

Jawad al-Maliki

Jawad al-Maliki

À 56 ans, Nouri Maliki, qui a repris son vrai prénom après avoir utilisé celui de Djawad, est le nouvel homme fort de l'Irak. Le numéro 2 du parti chiite Dawa s'est imposé comme candidat de compromis pour succéder à l'impopulaire Ibrahim Jaafari, issu du même parti que lui. Il est revenu en Irak après la chute de Saddam Hussein, en 2003. Il s'était exilé en Syrie, puis en Iran dans les années 1980, fuyant alors l'ancien régime baasiste qui avait banni son parti.

En 2003-2004, il a contribué à purger la haute administration des anciens membres du parti Baas. Il a aussi participé à la rédaction de la nouvelle Constitution irakienne. Celui à qui il incombe de refaire l'unité du pays est pourtant reconnu pour ses prises de position sectaires. Président de la commission de la sécurité du Parlement transitoire, il a notamment prôné l'exécution d'insurgés sunnites.

Mahmoud Machhadani (sunnite): président du Parlement

Mahmoud Machhadani

Photo: AFP/POOL/AKRAM SALEH

Élu député sur la liste de l'alliance sunnite Front de la concorde, il est aujourd'hui président de l'Assemblée nationale.

Il est ultraconservateur sur le plan religieux.

Ancien médecin militaire à l'époque de Saddam Hussein, il avait été emprisonné pour s'être joint à des mouvements islamistes interdits.

Ayatollah Ali Al-Sistani (chiite)

Ali Al-Sistani

Chef spirituel chiite le plus influent d'Irak, Ali Al-Sistani fait partie des cinq grands ayatollahs encore vivants dans le monde. Contrairement à d'autres chefs chiites, il s'oppose à l'instauration d'une théocratie comme en Iran, convaincu que les membres du clergé devraient éviter d'occuper des fonctions politiques.

Perçu comme un modéré, il use toutefois de son influence dans les affaires de l'État. Il demande par exemple à ses fidèles de ne pas se rebeller contre les forces de la coalition tout en s'opposant à l'ingérence étrangère. À l'automne 2003, il avait réclamé des « élections libres et non des nominations ». En août 2004, c'est sa médiation qui a permis de mettre un terme à l'occupation du mausolée d'Ali par les partisans de Moqtada Sadr. Né en Iran, il a été emprisonné et assigné à résidence sous le régime de Saddam Hussein.

L'imam Moqtada Sadr (chiite)

Moqtada Sadr prétend que les États-Unis ont envahi l'Irak pour tuer le Mahdi, un imam qui, selon la croyance chiite, apparaîtra aux croyants.

Âgé d'une trentaine d'années, le jeune imam radical est davantage une figure politique que religieuse. Il rejette la Constitution et s'oppose au fédéralisme. Moktada Sadr tire largement sa légitimité de sa famille: son père, un ayatollah très respecté, a été assassiné sous le règne de Saddam Hussein, tout comme son grand-oncle, un grand ayatollah en faveur d'un pouvoir politique aux mains des religieux. Moktada Sadr prône lui aussi la création d'une république islamique.

Se faisant le porte-parole des démunis, il a des milliers de partisans, surtout dans le sud de l'Irak et les abords chiites de la capitale, principalement à Sadr City, où il a installé son pouvoir.

Sa milice, l'« Armée du Mahdi », a été impliquée dans plusieurs confrontations avec la force multinationale, notamment à Najaf, en août 2004, quand la ville a été pendant près de trois semaines le théâtre de violents combats entre les soldats américains et ses miliciens, retranchés dans le mausolée d'Ali. Quelques mois plus tard, le mouvement a délaissé les affrontements avec les forces de la coalition pour jouer un rôle plus actif dans les institutions démocratiques. Dans la foulée de la crise nucléaire opposant l'Iran à l'Occident, il a promis à Téhéran le soutien de sa milice advenant l'invasion du pays.

Abou Moussab Al-Zarkaoui (sunnite): chef de la branche irakienne d'Al-Qaïda

Abou Moussab Al-Zarqaoui

Abou Moussab Al-Zarqaoui

Abattu le 7 juin 2006, lors d'un raid aérien des forces américaines, le Jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, né Fadel Nazzal Al-Khalayleh, était à la tête de l'organisation terroriste la plus active en Irak. Washington offrait pour sa tête le même prix que pour Oussama ben Laden: 25 millions de dollars américains.

Son organisation avait revendiqué plusieurs attentats à la bombe sanglants, souvent simultanés, contre les soldats américains, les forces de sécurité irakiennes et même contre la communauté irakienne chiite, à qui il avait déclaré une « guerre totale » à l'automne 2005.

Après les attentats du 11 septembre 2001, Washington a présenté Zarqaoui comme le lien entre le régime de Saddam Hussein et Al-Qaïda, bien que la CIA ait par la suite reconnu qu'il n'existait aucune « preuve concluante » de leur complicité. D'importants différends stratégiques auraient d'ailleurs séparé Ben Laden et Zarqaoui. Cependant, ce dernier a fusionné son organisation, initialement baptisée Tawhid Wal Djihad (Unicité de Dieu et guerre sainte), avec Al-Qaïda à la fin de 2004. Certains ont affirmé qu'il avait été tué dans le nord de l'Irak au début de la guerre, en 2003, et que les réseaux islamistes n'avaient fait que récupérer son image.

Saddam Hussein (sunnite)

Saddam Hussein à son procès, en octobre 2005

Au pouvoir de 1979 à mars 2003, date de son renversement par les troupes américaines, Saddam Hussein croupit maintenant en prison. Capturé en décembre 2003, celui qui avait instauré un régime de terreur comparaît devant le Tribunal spécial irakien pour crimes contre l'humanité.

Le dictateur déchu est accusé d'être responsable de l'exécution de 143 chiites du village de Doujaïl, en 1982. Une deuxième procédure pour génocide s'est ajoutée pour son rôle dans « la campagne d'Anfal » (1987-1988), dans le nord de l'Irak. Considéré comme l'une des pires exactions de son règne, ce massacre à l'arme chimique a coûté la vie à des dizaines de milliers de Kurdes.

Désireux de s'imposer comme leader du monde arabe, Saddam Hussein a entraîné son pays dans deux guerres désastreuses, qui pourraient d'ailleurs lui valoir d'autres accusations. Son objectif de rétablir les frontières irakiennes d'avant 1975 est à l'origine de la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui a fait 700 000 morts. Il avait alors été soutenu par les États-Unis.

Puis, en août 1990, l'invasion du Koweït par les troupes irakiennes a été suivie, quelques mois plus tard, de la guerre du Golfe, orchestrée par le grand allié d'hier. La défaite militaire irakienne s'est soldée par un embargo économique et un isolement diplomatique.

Au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001, aux États-Unis, le gouvernement américain a désigné l'Irak comme un pays appartenant à « l'axe du mal. Le régime irakien a alors été accusé de subventionner le terrorisme international et de chercher à se doter d'armes de destruction massive, deux raisons qui ont servi de prétexte à l'invasion du pays, en 2003.

Né en 1937, Saddam Hussein avait accédé à la présidence de la République irakienne en 1979, après quoi il avait organisé une purge sanglante au sein du parti Baas.