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En profondeur

Journalistes:Ahmed Kouaou et Nicolas Duguay

Mise à jour le mercredi 10 février 2010 à 9 h 44

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On le décrit comme un homme effacé, qui ne s'encombre pas trop du formalisme et de la solennité de la fonction présidentielle qui est la sienne. Mais un homme honnête, s'empresse-t-on d'ajouter souvent. René Préval, qui termine en 2011 un autre quinquennat à la tête d'Haïti, incarne l'espoir contrarié d'un pays meurtri.

On gardera de lui cette image relayée par les caméras du monde entier, celle d'un président hébété, promenant son regard vide sur les rues dévastées de Port-au-Prince, au lendemain du séisme qui a terrassé son pays, la pire catastrophe naturelle selon l'ONU. L'homme peine visiblement à exprimer ses émotions même dans les moments de tragédie.

René Préval, pendant la campagne électorale de 2006

Photo: AFP/Roberto SCHMIDT

René Préval, pendant la campagne électorale de 2006

Depuis son retour au pouvoir en 2006, le boulanger de Port-au-Prince, comme on le surnomme, a beaucoup de pain sur la planche dans l'un des pays les plus pauvres au monde. Tâche herculéenne donc pour le président que celle de mettre à flot Haïti, de le doter d'infrastructures, d'écoles, d'hôpitaux, de nourrir des millions de bouches, de rétablir l'ordre et la sécurité, etc.

Dès son retour aux commandes, Préval a engagé quelques chantiers, comme la privatisation d'entreprises étatiques non rentables et l'ouverture de l'économie aux partenariats extérieurs, mais les résultats sont minces. Devant l'élan de réforme se dressent non seulement les interférences habituelles dans un pays instable, mais aussi des catastrophes naturelles. Aux ouragans et leurs cortèges de morts s'ajoute un violent tremblement de terre. Le pays est ravagé et l'État est ébranlé jusque dans ses institutions. À commencer par le palais présidentiel, qui est tombé en ruines.

Mais René Préval refuse de s'abandonner à la résignation de la malédiction. « Un pays ne meurt jamais », dit-il. Passée la stupeur des premiers jours, il marche sur les décombres de Port-au-Prince, tente de faire entendre sa voix dans la cacophonie de l'aide internationale et essaye, même chahuté, de se rapprocher de la population en s'abritant sous une tente. L'heure est à la reconstruction et le président veut se retrousser les manches.

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