
États-Unis
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Pour la première fois de son histoire, la Cour suprême des États-Unis a entendu, mercredi, une cause qui conteste la mise à mort de condamnés par injection létale.
Depuis un an, une quinzaine de condamnés à mort ont contesté cette méthode d'exécution, qui serait plus douloureuse qu'il n'y paraît. « On veut pouvoir prouver en cour que l'injection létale est une punition cruelle extraordinaire », interdite par le huitième amendement de la Constitution, soutient Todd Doss, l'avocat d'un de ces condamnés.
Le débat est très technique. Pour déterminer si cette méthode d'exécution est douloureuse ou non, le tribunal fédéral doit entendre l'avis de médecins et de juristes.
Jusqu'à maintenant, les juges ont posé beaucoup de questions sur la procédure et sur la douleur qu'elle causerait. Ils se sont aussi demandé pourquoi l'État de la Floride interdit de tuer les chiens et les chats avec les médicaments qu'on utilise pourtant pour exécuter les condamnés.
La procureure de la Floride n'a jamais répondu à cette question. Elle a aussi été incapable de dire pourquoi l'État ne se contente pas d'une seule dose fatale de sédatifs.
L'exécution par injection létale est de loin la méthode la plus utilisée depuis la réintroduction de la peine capitale aux États-Unis, il y a 30 ans. Sur les 38 États qui appliquent la peine de mort, 37 y ont recours.
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Le décès est provoqué par trois injections successives. On injecte d'abord une dose massive de sodium penthotal, un sédatif pour anesthésier le détenu, puis du pancuronium bromure, pour paralyser le corps, et, enfin, du chlorure de potassium, pour provoquer l'arrêt du coeur.
C'est la deuxième étape qui serait douloureuse. « Ça provoque une sensation de brûlure atroce, qui écorche les nerfs », soutient Todd Doss.
En attendant le jugement de la cour, plusieurs États ont suspendu les exécutions par injection. Ils attendent aussi de voir si le débat aura un effet durable sur l'opinion publique.
Selon Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort, les Américains sont davantage préoccupés par l'exécution d'innocents que par la douleur que l'injection létale peut provoquer. Une majorité de la population est d'ailleurs favorable à la peine capitale.
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