Jawad al-Maliki
L'Irak semble sorti de l'impasse politique dans laquelle le pays était plongé depuis les élections, il y a quatre mois.
Les députés kurdes, sunnites et chiites s'entendent enfin, après une impasse de quatre mois. Aussitôt réélu par le Parlement, le président Jalal Talabani a demandé au chiite Jawad al-Maliki de former le prochain gouvernement.
Les députés kurdes, sunnites et chiites ont finalement mis de côté leurs différends, samedi, pour reconduire le Kurde Jalal Talabani comme président du pays et lui adjoindre un sunnite, Tarek al-Hachémi, et un chiite, Adel Abdel Mehdi, comme vice-présidents. Ils ont été désignés à la tête de l'État après l'élection du président de l'Assemblée, le sunnite Mahmoud Machhadani.
Tout juste après avoir été reconduit par le Parlement irakien, le président Talabani a demandé au chiite Jawad al-Maliki, du principal bloc parlementaire, de devenir premier ministre et de former le futur gouvernement.
« Nous avons décidé à l'unanimité de charger le frère Jawad al-Maliki de prendre son poste à la tête du gouvernement, et nous pensons qu'il a toutes les qualités requises pour être chef de gouvernement », a déclaré M. Talabani.
Le Parlement irakien (archives)
M. Maliki, numéro deux du parti Dawa, était largement favori, après sa confirmation, vendredi, comme candidat de l'Alliance unifiée irakienne (AUI), le bloc chiite qui constitue le principal groupe parlementaire, avec 128 députés sur 275. Âgé de 56 ans, il a fui l'Irak dans les années 1980, lorsque son parti a été banni par l'ancien régime. Il est revenu après la chute de Saddam Hussein, en 2003.
M. Maliki s'est déjà engagé à « oeuvrer à la formation d'un gouvernement d'union nationale qui aura à faire face au terrorisme et à la corruption ». « Nous allons travailler à lever les injustices héritées de la dictature qui frappent toutes les catégories du peuple irakien, qu'elles soient arabe, kurde, sunnite, chiite, sabéenne ou yézédie », a-t-il déclaré.
Selon la Constitution, une fois nommé à ce poste par la présidence, le nouveau premier ministre dispose de 30 jours pour nommer son cabinet. Cette nomination relance ainsi le processus politique, bloqué depuis des mois.
Ibrahim al-Jaafari se désiste
Ibrahim al-Jaafari
La réunion du Parlement a été reportée à maintes reprises au cours des dernières semaines, depuis les élections du 15 décembre. L'impasse a pu se dénouer grâce au désistement du premier ministre sortant, Ibrahim al-Jaafari. Il a finalement cédé aux pressions des leaders sunnites et kurdes et même d'une partie du camp chiite, qui refusaient de le confirmer dans ses fonctions.
Avant la réunion du Parlement, plusieurs députées ont dénoncé l'absence de toute candidature féminine aux neuf postes les plus importants de l'État, même si le Parlement compte 70 femmes.
Par ailleurs, la violence a encore frappé, faisant 7 morts et 11 blessés dans des attaques perpétrées au nord de Bagdad.