Dominique de Villepin (archives)
Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a tenté, samedi, de calmer la grogne suscitée par son projet de Contrat de première embauche (CPE). Tout en refusant toujours de retirer le projet, il a proposé d'y apporter un aménagement.
Le premier ministre français propose de payer pendant trois mois la formation des travailleurs qui seraient mis à pied dans le cadre du Contrat de première embauche, ce qui mécontente les syndicats comme les étudiants.
« Pour assurer un meilleur équilibre du contrat et renforcer le filet de sécurité en cas de rupture, je suis prêt à avancer, a-t-il déclaré. Je propose donc, en cas de rupture de contrat du fait de l'employeur, si le jeune salarié fait le choix de la formation, que l'État lui assure un revenu pendant trois mois. »
Les étudiants, qui ont boycotté la réunion prévue avec M. de Villepin samedi, continuent toutefois de demander l'abandon du CPE. Ils refusent d'admettre les deux principaux éléments du CPE, soit le concept d'une période d'essai de deux ans et la possibilité pour l'employeur de congédier sans justification.
Les dirigeants des grands syndicats n'ont pas non plus réussi à convaincre le premier ministre de retirer le CPE, lors d'une réunion tenue vendredi.
Syndicats et étudiants maintiennent donc le mot d'ordre de grève générale pour mardi. Cette grande mobilisation anti-CPE pourrait paralyser le pays. Déjà, la grande majorité des universités et des lycées sont touchés par des mouvements de grève.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a renouvelé l'appel à la mobilisation. Il a accusé le gouvernement de chercher à gagner du temps plutôt que d'écouter les travailleurs.
Sarkozy demande un compromis
Nicolas Sarkozy (archives)
De violents heurts entre des centaines de casseurs, venus se mêler aux dizaines de milliers de jeunes manifestants, et les policiers ont entraîné plus de 600 arrestations jeudi.
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a donné l'ordre de « pourchasser » les émeutiers. Rival de Dominique de Villepin en vue de l'élection présidentielle de 2007, il n'a pas manqué l'occasion de lancer une pointe en sa direction. « Savoir imaginer un compromis, c'est être courageux et utile à la France », a dit M. Sarkozy.