
Mexico
![]() Maude Barlow (archives) |
À l'ouverture du Forum mondial de l'eau qui se tient à Mexico, la militante environnementaliste canadienne Maude Barlow s'est insurgée contre la commercialisation de l'eau potable. Le prix Nobel alternatif de la paix a déclaré qu'on ne pouvait pas laisser cette ressource entre les mains de cartels comme ceux existant pour le pétrole et le gaz.
« Peu de Canadiens savent que nous n'avons pas banni l'exportation de l'eau de la liste des traités de l'OMC et de l'ALENA et que nous n'avons même pas de stratégie sur le précieux liquide. [Le président des États-Unis] George Bush reluque l'eau du Canada dans son plan de défense stratégique. Si nous ne nous engageons pas dans cette bataille, notre eau sera appropriée au même titre que le secteur de l'énergie », a soutenu Mme Barlow.
Au Canada, pays qui dispose de 20 % des réserves d'eau mondiale, les services d'eau potable et sanitaires sont à 97 % de responsabilité publique.
Maude Barlow a reçu à Mexico un appui de taille dans sa bataille pour la défense de l'eau. Danielle Mitterrand, femme du défunt président de la France, a indiqué que la guerre de l'eau est déjà commencée. « Plus de 35 000 enfants meurent de soif chaque jour », a indiqué Mme Mitterrand.
Les deux militantes ont dans leur ligne de mire Vivendi et Suez. Ces deux multinationales de l'eau originaires de l'Hexagone, implantées respectivement dans 90 et 130 pays, ont été les pionnières du modèle de privatisation de l'eau.
Les ONG ont l'intention de demander officiellement aux chefs d'État présents au Forum mondial de l'eau de retirer l'« or bleu » des traités de libre-échange commerciaux.
Le Forum mondial sur l'eau réunit jusqu'au 22 mars des représentants de 150 pays dans la capitale mexicaine.
Échec de la privatisation en Amérique latine
![]() |
L'Amérique latine dispose de 20 % des réserves d'eau potable du monde, mais plus de 77 millions d'habitants n'y ont pas accès et 103 millions n'ont pas de services sanitaires.
Les militants estiment que le processus de privatisation des services hydriques en Amérique latine a été un cuisant échec, tant en Argentine qu'en Bolivie.
« En 2000, la Bolivie a réussi à expulser la société américaine Bectel qui travaille maintenant en Irak. Bientôt ce sera au tour de Suez de France! Ces multinationales ont demandé à notre gouvernement 25 millions de dollars américains et 50 millions de dollars américains en dédommagements pour ne pas avoir réussi à privatiser notre eau », a expliqué Oscar Olivera, coordinateur du mouvement de l'Eau et de la Vie de Cochabamba et de Bolivie.
Situation dramatique en Europe de l'Est
![]() |
Plus de 40 millions d'Européens ne disposent pas d'un accès sécurisé à l'eau potable, essentiellement dans les pays de l'ancien bloc de l'Est, et 80 millions sont privés de réseaux d'évacuation de base.
C'est ce qu'indique un rapport d'experts présenté samedi au Forum mondial de l'eau. Le document précise que le service de l'eau inadéquat est responsable de la mort de 13 500 enfants européens chaque année.
Les experts citent l'exemple de l'Arménie, pays dépourvu de ressources hydriques, et celui de la Géorgie, qui dispose de beaucoup d'eau, mais dont les infrastructures sont dans un très mauvais état.
Le document insiste sur la disparité dans la qualité du service entre l'Europe de l'Est et les 25 pays membres de l'Union européenne.
Il souligne cependant que les citoyens de l'UE sont confrontés aux mêmes défis que le reste du continent, en raison de la baisse de la qualité et de la quantité de l'eau disponible, des conflits d'usage entre urbanisation et irrigation et de la récurrence des inondations et sécheresses.
Le rapport propose la mise en place d'initiatives internationales et d'actions de solidarité au niveau européen pour améliorer la distribution et le traitement de l'eau en Europe de l'Est.
Selon les Nations unies, le nombre des décès liés à l'eau est de plus de 8000 chaque jour dans le monde, dont la moitié d'enfants.
* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes