Tests de présence de la grippe aviaire (archives)
La lutte contre les éclosions de grippe aviaire s'intensifie particulièrement en Afrique de l'Ouest, où l'on craint que les foyers identifiés dans sept provinces du Nigeria ne s'étendent aux pays voisins.
Une centaine d'experts et de ministres sont réunis à Dakar, au Sénégal, afin de mettre au point une stratégie pour lutter contre la propagation de cette maladie dans la région, après l'identification de plusieurs foyers au Nigeria.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, n'a recensé aucun cas humain, mais l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation (FAO) estime que la propagation du virus pourrait provoquer une catastrophe.
Depuis mercredi, une centaine d'experts et de ministres ouest-africains sont d'ailleurs réunis pour deux jours à Dakar, au Sénégal, afin de mettre au point une stratégie de lutte contre la propagation de la maladie dans la région.
Le Sénégal a présenté un projet de création d'un comité ouest-africain de prévention et de riposte contre la grippe aviaire. Ce projet prévoit notamment l'instauration d'un comité national de prévention et de lutte dans chaque pays. Il propose également une mise en commun des ressources afin de lutter plus efficacement contre la maladie.
Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a aussi prôné la création d'un laboratoire capable d'effectuer les tests pour détecter les traces de la maladie. Jusqu'à maintenant, les pays d'Afrique doivent faire faire leurs analyses par des laboratoires européens.
Plans de vaccination préventive
Pendant ce temps, les experts vétérinaires de l'Union européenne (UE) ont autorisé, mercredi, le recours à la vaccination pour prévenir une épizootie de la maladie. La France et les Pays-Bas, les plus gros producteurs de volailles de l'Union européenne, avaient présenté leur plan de vaccination la semaine dernière.
Les pays devront toutefois respecter plusieurs conditions très strictes. Ainsi, l'autorisation de vacciner ne porte que sur certaines espèces vivant dans des zones bien définies. De plus, certains éleveurs ne pourront exporter leur production.
En France, l'opération visera environ 900 000 volatiles. Elle commencera immédiatement et s'achèvera le 1er avril.
La vaccination préventive ne fait pas l'unanimité en Europe même. Ainsi, l'Allemagne s'est montrée très réticente à l'idée parce que des oiseaux vaccinés pourraient devenir porteur du virus, tout en étant en santé, et ainsi contaminer leurs semblables.
D'ailleurs, la campagne de vaccination préventive présente des limites, soulignent plusieurs experts. Tout d'abord, la vaccination n'est pas efficace à 100 %. En outre, la durée de vie des poulets de chair étant d'environ 40 jours, la vaccination serait donc toujours à recommencer.
Sept pays de l'UE, dont la France et l'Allemagne, ont confirmé la présence du virus H5N1 sur des oiseaux sauvages. Les ministres de la santé des pays de l'UE se réuniront d'ailleurs vendredi à Vienne, en Autriche, avec des experts de l'ONU.
Pendant ce temps, le Canada n'envisage toujours pas la vaccination préventive afin de prévenir la propagation de la grippe aviaire. Les autorités estiment qu'elle n'est pas nécessaire, puisque aucun cas de la souche H5N1 n'a encore été détecté au pays.