René Préval
En Haïti, le président élu, René Préval, soutient que la Constitution autorise le retour de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide au pays.
Selon le nouveau président élu, rien dans la Constitution haïtienne n'interdit un éventuel retour au pays de Jean-Bertrand Aristide, qui vit en exil depuis qu'il a été chassé du pouvoir, en février 2004.
« L'article de la Constitution est clair: aucun Haïtien n'a besoin d'un visa pour entrer ou pour sortir du pays », a-t-il déclaré mercredi, lors de sa première conférence de presse depuis l'élection du 7 février.
Dans un reportage de l'émission Le Point, diffusé mardi soir à la télévision de Radio-Canada, M. Préval n'a toutefois pas exclu la possibilité de poursuites judiciaires contre l'ancien président.
En exil en Afrique du Sud depuis qu'il a été chassé du pouvoir en février 2004, Jean-Bertrand Aristide défend son « droit » de revenir dans son pays, sans fixer de date précise.
Jean-Bertrand Aristide
L'ancien prêtre a déclaré à la télévision sud-africaine qu'il songeait à rentrer en Haïti « dès que possible », où il entend être un « citoyen » ordinaire se consacrant « à l'éducation ». Il n'exclut cependant pas catégoriquement un retour en politique.
Le président déchu promet de prendre sa décision en consultation avec M. Préval. Les deux hommes ont des positions similaires sur la manière d'améliorer le sort des Haïtiens. René Préval était d'ailleurs un proche de Jean-Bertrand Aristide lorsque ce dernier était président.
Si le président Préval répète depuis plusieurs mois qu'il ne lui appartient pas de prendre la décision sur l'éventuel retour de M. Aristide, les États-Unis, eux, estiment qu'un retour de l'ex-président pourrait déstabiliser Haïti, un pays laissé exsangue par deux années de violence.
Préval a le soutien des pays donateurs
Une quinzaine de pays donateurs, dont le Canada et les États-Unis, et d'une dizaine d'organisations internationales et régionales ont exprimé leur soutien au nouveau président d'Haïti, mardi, lors d'une réunion sous l'égide de la Banque mondiale.
Ils souhaitent d'ailleurs rencontrer René Préval le plus tôt possible. Les donateurs insistent sur l'importance d'un engagement des nouvelles autorités en faveur de la consolidation de la démocratie, de la bonne gouvernance, du dialogue politique, et de la réconciliation nationale.
En vertu d'un accord conclu en 2004, les pays donateurs ont promis 1,1 milliard de dollars à Haïti.