Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mardi 14 février 2006 à 11 h 45
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Caricatures de Mahomet

La diplomatie prend le relais

Pakistan

Photo: AFP/Tariq Mahmood

Alors qu'elles s'essoufflent dans le reste du monde musulman, les manifestations populaires contre la publication de caricatures du prophète Mahomet demeurent quasi-quotidiennes au Pakistan.

À Lahore, deuxième ville du pays, deux protestataires ont été tués et plusieurs autres ont été blessés, mardi, lors d‘une manifestation rassemblant quelque 15 000 personnes.

Les deux hommes tentaient d'incendier une succursale d'une banque pakistanaise lorsque des gardes ont ouvert le feu. Les manifestants ont en outre attaqué aux pierres plusieurs bâtiments administratifs ainsi que des restaurants et hôtels américains.

Dans la capitale, Islamabad, la police a fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser des centaines d'étudiants venus manifester dans le quartier diplomatique, qui abrite des ambassades étrangères. Les manifestants ont brisé les vitres de voitures et d'une banque, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre.

Pakistan

Photo: AFP/Farooq Naeem

Les étudiants ont aussi brûlé des drapeaux étrangers.

Une autre manifestation, rassemblant 5000 commerçants devant le parlement fédéral, s'est déroulée sans incidents. Le Pakistan est le deuxième pays musulman le plus peuplé du monde. Les islamistes y ont appelé à une journée nationale de grève et de protestation le 3 mars.

En Irak, plusieurs milliers d'islamistes kurdes ont manifesté à Erbil, dans le nord du pays, où ils ont brûlé des drapeaux danois, tandis qu'à Bassorah, dans le sud du pays, le conseil local a réclamé le retrait des 500 soldats danois déployés dans la province.

Enfin, en Iran, une cinquantaine d'islamistes ont attaqué à coup de pierres l'ambassade d'Allemagne à Téhéran en scandant les habituels slogans anti-américains et anti-israéliens.

L'ONU sous pression

Cinquante-sept pays, à forte représentation musulmane, ont déposé, mardi, à l'ONU un projet de texte visant à interdire la diffamation des religions et des prophètes. Ils espèrent voir ce document inclus dans le projet de résolution créant le Conseil des droits de l'Homme, qui remplacera l'actuelle Commission des droits de l'Homme de l'ONU, largement discréditée depuis quelques années.

Le texte soutient que « la diffamation de religions ou de prophètes n'est pas conforme à la liberté d'expression » et que les États, les organisations et les médias ont « la responsabilité de promouvoir la tolérance et le respect pour les valeurs religieuses et culturelles ».

José Manuel Barroso (archives)

Il y a deux semaines, l'Organisation de la conférence islamique et la Ligue arabe avaient fait part de leur intention de demander à l'ONU l'adoption d'un tel texte.

De son côté, le président de la Commission européenne a défendu le Danemark dans l'affaires des caricatures, affirmant que la liberté d'expression était « une valeur européenne essentielle » et qu'elle n'était pas « négociable ».

José Manuel Barroso a estimé que « le principe de non-violence et de la liberté d'expression est décisif pour la démocratie », soulignant que la régulation de l'information « ne peut et ne doit venir que de la presse elle-même ».

Par ailleurs, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a déclaré que tous les pays, notamment la Syrie et l'Iran, dont les autorités n'ont pas empêché le saccage d'ambassades étrangères lors de manifestations contre les caricatures devront payer pour les dommages subis.


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